Reconnaissance faciale: la GRC a violé la loi, dit le commissaire à la vie privée

OTTAWA — Le commissaire à la protection de la vie privée conclut que la GRC a enfreint la loi en utilisant un logiciel de reconnaissance faciale de pointe pour colliger des informations personnelles sur d’honnêtes citoyens.

Dans un rapport publié jeudi, le bureau de Daniel Therrien conclut que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a violé la Loi sur la protection des renseignements personnels en utilisant la technologie de reconnaissance faciale de la société américaine Clearview AI «pour effectuer des recherches dans d’énormes dépôts de données sur des Canadiens nullement soupçonnés d’actes criminels».

La technologie de Clearview AI permet la collecte d’un grand nombre d’images provenant de diverses sources, qui peuvent aider les corps policiers, les institutions financières et d’autres clients à identifier des individus.

Dans une enquête connexe, le bureau de M. Therrien et trois de ses homologues provinciaux, dont celui du Québec, avaient conclu en février dernier que la technologie de Clearview AI entraînait une surveillance de masse des Canadiens et violait les lois fédérales et provinciales régissant la protection des renseignements personnels.

Ces agences avaient conclu que la collecte par la société new-yorkaise de milliards d’images de personnes sur Internet constituait une violation flagrante du droit à la vie privée des Canadiens. Or, le commissaire Therrien rappelle jeudi qu’une institution fédérale «ne peut recueillir de renseignements personnels auprès d’un tiers si celui-ci les a recueillis illégalement».

Le commissaire fédéral avait souligné l’année dernière que Clearview AI cesserait d’offrir ses services de reconnaissance faciale au Canada en réponse à l’enquête en cours. M. Therrien précise jeudi que la GRC n’a plus recours à la technologie de Clearview AI, puisque cette entreprise a cessé d’offrir ses services au Canada l’été dernier.

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