Reconnaissance faciale: un commissaire à la vie privée déclenche une enquête

OTTAWA — Le commissaire à la vie privée de la Colombie-Britannique enquête sur l’utilisation des technologies de reconnaissance faciale par les libéraux fédéraux pour sélectionner leurs candidats en vue des prochaines élections.

Le bureau de Michael McEvoy a confirmé vendredi le déclenchement d’une enquête après avoir reçu une plainte de l’Association canadienne des libertés civiles.

«L’enquête examinera si l’utilisation de la reconnaissance faciale par le Parti libéral du Canada est conforme à la Loi sur la protection des renseignements personnels de la Colombie-Britannique», a-t-on indiqué au bureau de M. McEvoy.

Les libéraux utilisent la technologie de reconnaissance faciale mise en place par la société américaine Jumio afin de vérifier l’identité des militants pouvant voter à l’occasion des assemblées d’investiture du parti.

Ces assemblées se déroulent habituellement en personne, mais le parti a choisi de les organiser sur internet à cause de la pandémie de COVID-19.

L’entreprise affirme avoir des contrats dans quelque 200 pays et répertorie 7-Eleven et PC Financial parmi ses clients au Canada. Au début mai, elle disait vérifier plus d’un million d’identités par jour.

Dans une lettre envoyée en juin aux libéraux, l’Association canadienne pour les libertés civiles dit que cette technologie permet d’atteindre certains objectifs démocratiques louables, mais que ce n’est pas le bon moment de l’utiliser au Canada.

Selon elle, la technologie de reconnaissance faciale s’accompagne de problèmes de confidentialité et de fiabilité. «[L’utilisation d’un tel logiciel par le Parti libéral] envoie le mauvais message aux responsables des élections municipales, provinciales et fédérales voulant que cette technologie soit prête pour les grandes occasions», fait valoir l’organisation.

Les libéraux disent avoir consulté le guide publié par le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada sur l’emploi approprié de cette technologie avant d’approuver le logiciel.

La société n’a pas répondu dans l’immédiat aux demandes d’entrevue.

Le porte-parole du NPD en matière d’éthique, Charlie Angus, a demandé en juin au commissaire fédéral à la protection de la vie privée, Daniel Therrien, de mener une enquête similaire, mais le parti dit qu’il n’a pas encore reçu de réponse à ce sujet.