Reconnaissance parlementaire de QS et du PQ: une première rencontre mercredi

QUÉBEC — Les leaders des quatre partis représentés à l’Assemblée nationale se rencontrent mercredi pour une première prise de contact de ce qui pourrait bien être une longue série de négociations au cours des prochaines semaines en vue de déterminer le statut de Québec solidaire (QS) et du Parti québécois (PQ) à l’Assemblée nationale.

Les discussions s’annoncent corsées, puisque c’est du partage du pouvoir à l’Assemblée nationale dont il s’agit.

Les deux partis d’opposition veulent être reconnus officiellement comme groupe parlementaire, et ce, même s’ils ne respectent pas les règles en vigueur.

Pour déroger aux règles et espérer acquérir le statut désiré, ils doivent donc avoir d’abord obtenu l’appui à la fois du gouvernement, formé par la Coalition avenir Québec (CAQ), et de l’opposition officielle libérale (PLQ). Ils ont jusqu’au 29 novembre, jour du début de la prochaine session parlementaire, pour y arriver.

Pour être officiellement reconnu comme groupe parlementaire à l’Assemblée nationale, avec tous les privilèges assortis à ce statut en termes de financement et de droits de parole, un parti doit avoir obtenu 20 % du vote lors de l’élection générale ou fait élire au moins 12 députés.

Or, ni le PQ, ni QS, n’ont réussi à atteindre cette performance, d’où le marathon de négociations qui s’amorce mercredi, en vue de changer les règles du jeu.

Les deux formations sont confiantes d’y arriver, même si le Parti québécois n’a fait élire que trois députés, le 3 octobre, réussissant à accaparer 14,6 % du vote populaire, et que Québec solidaire n’a que 11 députés et 15,4 % d’appui populaire.

Cette règle du «20 % ou 12 députés», qui date des années 70, est parfaitement «arbitraire», a fait valoir en entrevue téléphonique mardi le député péquiste Joël Arseneau, qui participera à la rencontre, entouré d’Alexandre Leduc (QS), Marc Tanguay (PLQ) et de Simon Jolin-Barrette (CAQ).

Sa crainte: que le gouvernement et l’opposition officielle se braquent et mettent des bâtons dans les roues des deux autres partis en quête de reconnaissance.

«Au départ, on jugeait que la résistance du Parti libéral avait l’air plus importante, mais aujourd’hui on n’a pas l’impression que la CAQ veut davantage s’élever au-dessus de la mêlée», déplore M. Arseneau.

«Ce n’est pas le signal qu’ils nous ont donné», a-t-il ajouté, convaincu que le gouvernement et l’opposition libérale vont dans les prochaines semaines passer un test quant à leur capacité de démontrer leur «sens démocratique». 

En principe, M. Jolin-Barrette s’est pourtant montré ouvert à une reconnaissance officielle des deux partis, mais sans jamais préciser quelle forme elle prendrait. Selon la compréhension de M. Arseneault, le gouvernement aurait l’intention de s’opposer à l’idée de leur accorder l’étiquette de «groupe parlementaire», limitant d’autant les pouvoirs assortis.

L’opposition officielle, dirigée par Dominique Anglade, compte 20 députés et ne semble pas davantage réceptive à l’idée de partager une parcelle de pouvoir, même si le Parti libéral du Québec a obtenu moins de votes (14,4 %) que les deux autres. Elle s’est engagée à discuter de la question, sans prendre aucun engagement.

De son côté, Québec solidaire s’attend à répéter le scénario de 2018, quand le parti a été reconnu comme groupe parlementaire, même s’il n’avait que 10 députés. «Nos attentes sont simples, mais essentielles. QS doit être reconnu comme un groupe parlementaire comme il l’a été en 2018. On s’attend à ce que le PLQ s’élève au-dessus de la partisannerie et accepte la volonté populaire», a fait savoir une porte-parole du parti par courriel.

Les partis d’opposition revendiquent des droits de parole pour faire valoir leurs idées et interpeller le gouvernement en Chambre, et ont besoin d’argent pour embaucher du personnel qui seconde les députés dans leurs tâches.

La rencontre de mercredi, qui permettra à chacun d’afficher ses attentes et de jauger l’ouverture des autres, devrait durer une heure. 

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