Le PQ presse les libéraux de lui accorder un statut officiel au Parlement

MONTRÉAL — Le Parti québécois (PQ) demande à la cheffe libérale de donner rapidement son accord pour avoir le statut de groupe parlementaire, même s’il n’obtient pas le nombre de voix et de sièges nécessaires.

Si la Coalition avenir Québec est prête à accorder cette reconnaissance, le Parti libéral du Québec (PLQ) a plutôt l’intention de s’y opposer, a déploré le député de Matane-Matapédia, le péquiste Pascal Bérubé.

Le PLQ voudrait aussi empêcher Québec solidaire (QS) d’obtenir un statut officiel, qui permet d’avoir du temps de parole et des budgets de recherche à l’Assemblée nationale. Des informations laissent entendre que des membres de la formation de Dominique Anglade veulent éviter de donner davantage de visibilité à QS, selon M. Bérubé.

Or, si le PLQ maintient la ligne dure, le fonctionnement du Parlement pourrait s’en trouver paralysé, estime l’élu péquiste.

«Ça voudrait dire 14 députés indépendants avec 14 vetos pour empêcher, bloquer des mesures importantes. Ce serait un record de tous les temps», a affirmé M. Bérubé, en point de presse vendredi matin, à Montréal.

Pour être un groupe parlementaire reconnu, un parti doit avoir 12 députés ou 20 % au suffrage universel. QS et le PQ ont obtenu 15,4 % et 14,6% du vote populaire, mais leur donnant 11 et trois sièges, respectivement. Tandis que le PLQ a réussi à faire élire 21 candidats avec 14,3 % des voix.

«Compte tenu de ces résultats, nous ne pouvons accepter qu’un parti qui a obtenu moins de voix que nous se considère légitime pour nous empêcher de représenter plus de votes qu’eux», a soutenu M. Bérubé.

Il invite Mme Anglade et son parti à «l’introspection, l’analyse et utilement l’humilité». Il fait aussi appel au «sens du devoir». Et si la tactique est tout simplement de barrer la route aux solidaires, qui ont ravi à cette élection-ci deux sièges au PLQ, M. Bérubé conseille à la cheffe libérale d’être meilleure.

Dominique Anglade en a appelé cette semaine à une réforme du mode de scrutin auprès du premier ministre désigné François Legault. Avant d’aborder cet enjeu, il faut d’abord régler la question de la reconnaissance des partis d’ici l’assermentation des députés prévue dans quelques semaines, croit M. Bérubé.

Il promet de faire appel à la pression populaire, si les libéraux ne changent pas leur fusil d’épaule.

Avoir les ressources pour talonner le gouvernement

Un consensus doit se dégager entre tous les partis représentés au Salon bleu afin d’accorder un statut de groupe parlementaire aux deux formations.

En 2018, le PQ et QS avaient eu cette reconnaissance, même s’ils ne répondaient pas à l’une des deux conditions. Ils ont eu droit chacun à un budget de fonctionnement de plus d’un million de dollars.

Sans statut, chaque député se verra plutôt verser un montant d’environ 30 000 $, estime le PQ.

«Le rôle du Parti québécois, c’est de pousser le plus possible le gouvernement à avoir les meilleures mesures possibles. Et pour ça, ça nous prend des ressources», a clamé Pascal Bérubé.

Celui-ci rejette par ailleurs une alliance avec Québec solidaire pour former un seul groupe parlementaire. «Le mandat qu’on a eu, c’est d’être des péquistes, pas des solidaires», a-t-il affirmé.

Pas de serment au roi

Après leur chef Paul St-Pierre Plamondon, M. Bérubé a confirmé que son collègue des Îles-de-la Madeleine, Joël Arseneau, et lui refuseront aussi de prêter allégeance au roi Charles III au moment de l’assermentation.

«Tous mots comme roi, Charles III, Commonwealth, Couronne britannique, tout ce champ lexical, vous ne nous entendrez pas dire ça. Et si on ne veut pas nous faire siéger parce qu’on ne dit pas ça, nous en assumerons les conséquences», a indiqué le politicien de la Gaspésie.

Il y a quatre ans, les députés péquistes avaient prêté serment à la reine Elizabeth II, mais en commençant leur phrase «d’ici à ce que le Québec soit indépendant». Les élus de Québec solidaire avaient, quant à eux, prêté allégeance à la reine d’Angleterre loin des caméras.

Cette dépêche a été rédigée avec l’aide financière des Bourses de Meta et de La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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