Réduction des GES: l’opposition réclame un plan plus musclé

QUÉBEC — L’opposition exige du gouvernement Legault des actions plus énergiques pour son plan de réduction de gaz à effet de serre (GES), qui manquerait sa cible de 2030.

Les partis d’opposition proposent entre autres d’investir davantage dans l’innovation et dans des programmes en énergies renouvelables.

Le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, a fait valoir qu’il ne s’agissait que d’un document de travail et non de son plan officiel.

Selon ce que rapportait La Presse jeudi, des experts soutiennent que le plan caquiste permettrait de réduire de 16,5 mégatonnes les émissions de GES d’ici 2030, plutôt que de 28,4 mégatonnes, soit l’objectif fixé par l’accord de Paris.

«Je ne pense pas qu’il y ait véritablement un plan vert, aujourd’hui, à la CAQ, a déclaré la cheffe de l’opposition officielle, Dominique Anglade, en conférence de presse au parlement. Aucun des gestes posés ne le démontre.»

Elle demande au gouvernement d’«encourager le développement dans l’innovation dans les technologies», pour combler l’écart entre la cible de 2030 et les estimations de résultat.

Le porte-parole péquiste en matière d’environnement, Sylvain Gaudreault, réclame pour sa part des mesures plus substantielles pour réduire les émissions dans les transports, mais aussi un virage dans les sources d’énergie pour les secteurs commercial, industriel et agricole.

«Il faut aussi lancer rapidement des projets puis des programmes en énergie renouvelable, par exemple la biométhanisation, biomasse, gaz naturel renouvelable, qui permettraient de faire la transition d’une énergie plus polluante vers une énergie propre», a-t-il dit en conférence de presse.

Au cours de la commission parlementaire portant sur le projet de loi 44 visant la réforme du Fonds vert, M. Gaudreault a demandé le dépôt du plan de réduction des GES dont quelques lignes avaient été révélées dans les médias.

Benoit Charette a refusé en affirmant qu’il s’agissait d’une version préliminaire du plan qui doit être mise à jour. 

«C’est un document de travail», a-t-il répété, en ajoutant que le plan allait être amélioré.

Il a rappelé que les règles parlementaires n’imposent pas le dépôt des documents de travail préliminaires.

Un porte-parole du gouvernement Legault a tenu à préciser que le plan préliminaire en question n’était une ébauche de la politique cadre, qui prévoit les grandes orientations. Mais pour ce qui est des «mesures concrètes», elle seront contenues dans le plan de mise en oeuvre de la politique cadre et ces mesures permettront d’atteindre les cibles de réduction des GES prévues dans l’accord de Paris.