Référendum au Royaume-Uni: des Québécoises à Londres ont voté

MONTRÉAL – Fébrilité, inquiétude et dernières tentatives de convaincre les indécis ont marqué cette journée de référendum au Royaume-Uni, jeudi, pour déterminer si le pays restera ou non au sein de l’Union européenne (UE).

À Londres, il y avait des gens dans des autobus qui distribuaient des dépliants et tout le monde portait un autocollant identifiant sa position, «I’m In» (Je reste dans l’UE) ou «Vote to Leave» (Votez pour quitter), a indiqué Geneviève Labbé, une Québécoise vivant à Londres depuis 2008.

Si son quartier de la cité financière est plutôt calme, elle a croisé toute l’agitation de cette journée historique en se rendant au bureau.

La jeune femme, maintenant aussi citoyenne britannique, a raconté que les Britanniques affichaient leurs couleurs sans gêne depuis un bon moment et que les débats passionnés sur le Brexit n’avaient pas commencé la veille du scrutin.

Elle a rapporté des débats intenses, mais aussi du racisme envers les immigrants et de l’insécurité envers l’avenir.

Elle a déposé son bulletin de vote avant d’aller travailler et elle attend maintenant les résultats avec impatience. Mme Labbé a rapporté que certains médias faisaient état de neuf pour cent d’indécis à la veille du scrutin. «Ça va être très serré», a-t-elle prédit au téléphone depuis son bureau londonien.

Elle constate que les gens sont stressés dans la capitale britannique. «On voit que c’est tendu.»

L’ampleur des débats entourant le référendum a aussi surpris sa compatriote Marie-Pierre Olivier.

«Des affiches, des gens qui se promènent dans le métro avec leur macaron « In » ou « Out », je n’aurais pas imaginé que ça aurait pris cette ampleur», a-t-elle dit.

«C’est évidemment le sujet de l’heure. On ne parle que de ça.»

Installée à Londres depuis huit ans, la femme originaire de Joliette parle d’une multitude de sentiments qui animaient les Britanniques dans les derniers jours précédant le vote.

L’assassinat de la députée Jo Cox a également assombri beaucoup l’atmosphère et le débat, a-t-elle souligné.

Et puis, comme c’est probablement le cas de tous les référendums, il y a un petit côté qui n’est pas toujours rationnel, juge-t-elle. Dans les deux camps du débat, prend-elle soin de préciser.

Même si elle n’est pas citoyenne britannique, Mme Olivier a pu voter au référendum. Dans son cas, à l’avance, par la poste.

Les règles permettaient aux citoyens des pays du Commonwealth résidant au Royaume-Uni de voter. Un privilège qui n’a pas été accordé aux citoyens de pays membres de l’Union européenne.

Cet aspect du scrutin a suscité bien des débats, a rapporté Mme Labbé.

De son côté, elle a donné son vote à l’Europe. Elle s’inquiète notamment des possibles conséquences désastreuses pour l’économie du Royaume-Uni si le pays devait quitter l’Union européenne. Mme Labbé appuie sa décision notamment sur la position de la Banque d’Angleterre et sur un rapport inquiétant du Fonds monétaire international, dont elle retient les mentions d’une récession à court terme, d’une augmentation marquée du chômage et d’une baisse de la valeur de la livre sterling.

Elle s’étonne d’avoir déjà voté pour un deuxième référendum dans sa vie, et cela, dans deux pays différents. Mme Labbé avait aussi déposé un bulletin de vote lors du référendum de 1995 au Québec, quand elle n’avait que 18 ans.

À l’époque, elle avait voté avec son coeur, mais cette fois-ci, elle a voté avec sa tête, a-t-elle résumé.