Réforme électorale: après la promesse rompue, une pétition gagne en popularité

OTTAWA – L’abandon de la promesse libérale de réformer le mode de scrutin donne un second souffle à une pétition destinée au Parlement.

Près de 70 000 personnes avaient signé mardi après-midi la pétition lancée en novembre dernier, après que Justin Trudeau eut laissé entendre pour une première fois, dans une entrevue au quotidien Le Devoir, que cette réforme n’était plus dans les cartons.

Le nombre de signatures d’internautes, qui était au départ plutôt modeste, a fait un bond phénoménal depuis que le premier ministre a confirmé, la semaine passée, que les libéraux brisaient leur promesse.

«Fin janvier, début février, il y avait quelque chose comme 700 signatures», note en entrevue téléphonique l’instigateur de la pétition, Jonathan Cassels.

«Les médias ont commencé à en parler, mais avant même que ça n’attire leur attention, en un jour, le nombre de signatures est passé d’environ 700 à 28 000», relate l’Ontarien âgé de 28 ans.

La pétition est parrainée par le député néo-démocrate Nathan Cullen, et il est prévu qu’elle soit déposée à la Chambre des communes au printemps.

La ministre des Institutions démocratiques, Karina Gould, a signalé mardi que le gouvernement ne reviendrait pas pour autant sur sa décision d’abandonner cette réforme.

Lors d’un bref échange avec les journalistes à l’entrée de la réunion du cabinet, elle a précisé que cet élément ne figurait pas dans sa lettre de mandat.

Justin Trudeau a promis en campagne électorale, puis à maintes reprises après l’élection, que le scrutin de 2015 serait le dernier à se tenir sous le système uninominal majoritaire à un tour.

Ce système a permis aux libéraux de mettre la main sur 54 pour cent des sièges aux Communes, avec seulement 39,5 pour cent du vote populaire.

La décision du premier ministre de reléguer la réforme aux oubliettes a été très mal reçue par les néo-démocrates, les bloquistes et les verts.

Et la popularité grandissante de la pétition e-616 prouve que bon nombre de Canadiens sont aussi amèrement déçus de la volte-face du gouvernement libéral, a plaidé Jonathan Cassels.

«Personnellement, je l’ai pris comme une trahison, comme un coup de poing dans le ventre», a-t-il lâché à l’autre bout du fil.