Refus des candidats à l’immigration handicapé: une mesure discriminatoire

TORONTO — Un groupe de revendication national presse le gouvernement canadien de révoquer un critère d’immigration qu’il estime discriminatoire envers les personnes vivant avec des handicaps.

Le Conseil des Canadiens avec déficiences demande le retrait d’une disposition qui empêche les immigrants handicapés de s’installer au Canada en raison du «fardeau excessif» qu’ils représentent pour le système de santé.

Le groupe argue qu’il s’agit d’une mesure discriminatoire basée sur des idées dépassées et stéréotypées concernant les handicapés.

Le conseil demande au gouvernement de modifier la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés en s’assurant que les personnes handicapées fassent partie d’une nouvelle vision plus inclusive des politiques d’immigration.

Le Conseil des Canadiens avec déficiences fera valoir son point de vue cette semaine devant le Comité permanent de la citoyenneté et de l’immigration de la Chambre des communes.

Le comité étudie présentement le critère d’admissibilité médicale pour les nouveaux venus et tiendra des consultations cette semaine pour entendre les différents points de vue sur la question.

Le premier vice-président du Conseil John Rae remarque que les groupes de défense des personnes handicapées ne sont que rarement consultés lorsque de nouvelles réglementations sont développées, ce qui fait en sorte que des changements doivent souvent être apportés par la suite.

Il espère que le comité sera à l’écoute des revendications des personnes handicapées pour développer une politique plus en phase avec les valeurs canadiennes.

«En plus d’être discriminatoire (…), cette clause est extrêmement dénigrante puisqu’elle assume que les personnes avec des handicaps sont intrinsèquement un fardeau pour la société, s’indigne M. Ray. Nous rejetons cette idée.»

Le Conseil souligne que plusieurs familles le contactent chaque année lorsque leur demande d’immigration est entravée par l’invalidité d’un enfant.

Le coordonnateur national du Conseil, James Hicks, rappelle que la «ratification par le Canada de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées aurait dû corriger ce problème. Hélas, c’est loin d’être le cas.»