Régine Laurent sur les grèves dans le public:une réflexion à mener,dit Couillard

MONTRÉAL — Le premier ministre Philippe Couillard a salué les propos de la présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé, Régine Laurent, qui a invité les syndicats du secteur public à ne plus recourir à des moyens de pression qui dérangent trop la population.

Au cours d’une longue entrevue avec La Presse canadienne, alors qu’elle quittera la présidence du grand syndicat des infirmières le 1er décembre, Mme Laurent a laissé entendre que les temps avaient changé et que les syndicats du secteur public devraient être plus imaginatifs dans leurs moyens de pression et délaisser ceux qui dérangent trop la population, comme la grève.

«Dans la société, en ce moment, il y a beaucoup de cynisme envers tout ce qui est institution. Et il y a un cynisme, un cran de plus, quand il s’agit d’une organisation syndicale. Quand on regarde ce que vivent nos membres et leurs familles, et l’ensemble de la population… Les gens travaillent plus; ils arrivent plus difficilement; ils passent une heure et demie dans l’auto le matin et deux heures l’après-midi. Alors, on ne peut pas faire des actions qui vont déranger cette population-là», avait affirmé Mme Laurent.

Elle qui a aussi participé à deux grèves des infirmières, en 1989 et 1999, affirme que lors des dernières négociations, il était clair pour elle «qu’il fallait trouver tous les moyens sauf la grève».

«On ne peut pas rester sur ce qui a déjà été fait en termes de moyens d’action et de moyens de pression. Oui, ça a donné des choses dans le passé, et pour nous les premières. Mais aujourd’hui, on ne peut pas rester sur un automatisme de moyens de pression», avait ajouté la présidente du syndicat de 75 000 membres, dont la grande majorité des infirmières et infirmières auxiliaires au Québec.

Interrogé à ce sujet lundi à Montréal, alors qu’il rencontrait la presse pour discuter des résultats des élections municipales au Québec, le premier ministre Couillard a trouvé une certaine sagesse dans les propos de Mme Laurent.

«Je ne ferai pas le débat pour le mouvement syndical, mais (…) il y a certainement là une réflexion à mener», a lancé le premier ministre.

M. Couillard a pris pour exemple la grève dans les Centres de la petite enfance, qui embête les parents plutôt que le gouvernement, selon lui.

«Regardez cette semaine dans les CPE, là. Qui souffre de ça? Est-ce que c’est le gouvernement? Non. Ce sont les parents, dont la vie est désorganisée du jour au lendemain, pour deux jours au moins, cette semaine», a ajouté le premier ministre.

Les 11 000 travailleuses des Centres de la petite enfance syndiquées à la CSN doivent justement tenir une deuxième et une troisième journée de débrayage, mardi et mercredi. La première a eu lieu le 30 octobre. Elles se sont dotées d’un mandat de six jours de grève.

Les 2500 travailleuses des CPE qui sont syndiquées à la CSQ, toutefois, se sont dotées d’un mandat de trois jours de grève, mais elles ne l’ont pas encore exercé.