Relations avec les autochtones : la Déclaration de Val-d’Or a cinq ans

VAL-D’OR, Qc — VAL-D’OR-La Ville de Val-d’Or a souligné mardi dernier le cinquième anniversaire d’un important accord avec les communautés autochtones voisines de son territoire. Le 15 décembre 2015, le maire, Pierre Corbeil, signait avec les chefs des communautés de Lac-Simon, de Kitcisakik, de Pikogan et de la communauté crie la Déclaration de Val-d’Or, une entente misant à la fois sur la réconciliation et les échanges.

Une tempête médiatique et politique

À l’époque, Val-d’Or était en crise. Quelques semaines auparavant, le 22 octobre 2015, l’émission Enquête de Radio-Canada diffusait les témoignages de jeunes femmes autochtones qui affirmaient avoir subi de mauvais traitements de la part de policiers de la Sûreté du Québec. 

Ces femmes autochtones ont dénoncé des abus sexuels et ont affirmé avoir été emmenées par des policiers en autopatrouille, puis abandonnées sur des routes isolées loin de chez elles.

L’affaire a suscité l’indignation et a entraîné une enquête interne à la SQ. Six policiers ont été suspendus et le gouvernement du Québec a chargé le Service de police de la Ville de Montréal d’enquêter sur les allégations. La communauté crie a annoncé le lendemain qu’elle encourageait ses membres à boycotter les commerces de Val-d’Or et qu’elle annulait son tournoi de hockey annuel. 

«On était face à une crise et il fallait réagir, se souvient le maire de Val-d’Or, Pierre Corbeil. Et il n’était pas question de simplement endiguer la crise, ça prenait des changements plus profonds.»

«Des pas dans la bonne direction»

Pour le maire Corbeil, il n’y avait pas que la municipalité en cause. Il a réuni un comité composé de policiers, de la chambre de commerce, des institutions d’enseignement supérieur et d’autres intervenants pour trouver des façons d’améliorer les rapports entre les autochtones et les non-autochtones. 

Val-d’Or a de plus adhérée à la Déclaration de l’ONU sur les droits des peuples autochtones et à la Coalition des municipalités contre le racisme et la discrimination. 

«Ce sont des pas dans la bonne direction, selon la cheffe de la communauté de Lac-Simon, Adrienne Jérôme. Mais il y a encore beaucoup de chemin à parcourir.» Ces démarches ont mené à la signature de la Déclaration de Val-d’Or, le 15 décembre 2015.

Un an plus tard, le Directeur des poursuites criminelles et pénales annonçait qu’aucun des six policiers suspendus n’allaient être mis en accusation. Les procureurs au dossier avaient alors affirmé ne pas avoir assez de preuves pour porter des accusations, tout en soulignant que cela ne signifiait pas que les allégations étaient infondées. 

Une commission d’enquête et des investissements

La crise provoquée par le reportage d’Enquête et la Déclaration de Val-d’Or a mené à la mise sur pied de la Commission d’enquête sur les relations entre les autochtones et certains services publics au Québec, présidée par le juge d’Amos Jacques Viens. Le Centre d’amitié autochtone de Val-d’Or se voyait quant à lui octroyer 6 millions de dollars de Québec pour mener à bien des projets de centre de ressourcement (Kinawit) et de logements sociaux à Val-d’Or (Kijate). 

Cinq ans après le début de la crise, la cheffe Adrienne Jérôme et le maire Pierre Corbeil, tout en constatant des progrès, s’entendent quant au fait qu’«il y a encore place à l’amélioration».

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