Relations Canada-Chine: d’anciens ambassadeurs appellent Ottawa à durcir le ton

OTTAWA — Le Canada doit adopter un ton beaucoup plus ferme envers la Chine, puisque c’est «le seul langage» que le pays comprend, estiment d’anciens diplomates canadiens.

De passage au comité spécial sur les relations sino-canadiennes, lundi matin, Guy Saint-Jacques et Howard Balloch ont appelé le gouvernement Trudeau à durcir le ton envers le régime de Xi Jinping lorsque nécessaire.

Ce pourrait prendre la forme d’inspections sanitaires plus poussées de produits provenant de Chine pour s’assurer que les critères canadiens soient respectés, suggère M. Saint-Jacques.

L’ancien ambassadeur canadien rappelle que nos relations avec la Chine sont tendues depuis 15 mois et que le Canada a déjà perdu «des milliards de dollars en exportations».

Si le Canada continue de se faire «piler dessus», le pays finira comme un animal écrasé en bordure d’une route («roadkill»), a laissé entendre M. Saint-Jacques.

M. Balloch estime qu’il faut «jouer défense lorsque nécessaire» en s’assurant que certaines limites ne sont pas franchies, notamment sur la liberté d’expression ou toute tentative d’interférence ou d’extorsion de la Chine en sol canadien.

Huawei, entité publique?

Sur la question sensible du réseau 5G, l’ex-ambassadeur Saint-Jacques suggère que Huawei puisse y contribuer seulement si l’entreprise devient une entité publique et inscrite en bourse.

Ainsi, le Canada s’assurerait de «plus de transparence» au sein dans les activités du géant chinois, en plus de stimuler la concurrence, ajoute M. Saint-Jacques.

À son avis, Huawei a «beaucoup en jeu» parce que sa part de marché à l’étranger risque de diminuer si l’entreprise se heurte à un refus par l’ensemble des pays occidentaux.

Jusqu’à maintenant, le Royaume-Uni a accepté de confier à Huawei un rôle limité dans le réseau 5G britannique, une décision qui a déçu les États-Unis.

McCallum absent

Contrairement à ce qui avait été annoncé, l’ancien ambassadeur en Chine John McCallum n’est pas apparu devant le comité spécial sur les relations sino-canadiennes, lundi.

M. McCallum avait été remercié par le premier ministre Justin Trudeau l’an dernier, après avoir fait des commentaires sur l’extradition de la dirigeante de Huawei Meng Wanzhou.

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