REM: c’est à l’ARTM et non à la Caisse d’étudier les scénarios, selon Plante

QUÉBEC — Qui doit étudier les projets du gouvernement caquiste de prolonger le Réseau express métropolitain (REM) vers Laval, Chambly et Saint-Jean-sur-Richelieu? C’est le mandat de l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM), selon la mairesse de Montréal, Valérie Plante, mais le gouvernement Legault a décidé lundi que ce sera la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ).

C’est pourtant dans le mandat de l’ARTM de planifier, d’étudier les tendances, les déplacements, les besoins, mais la Caisse de dépôt, propriétaire du REM, possède des «études de volume, beaucoup de données qui peuvent nous être utiles pour considérer certains scénarios», a plaidé le premier ministre François Legault en conférence de presse lundi matin.

«Moi, ce que je demande au gouvernement du Québec, c’est que ce soit l’ARTM qui supervise CDPQ Infra dans ses travaux», a répliqué Mme Plante.

Dans une entrevue avec La Presse canadienne, une source à l’Hôtel de ville a justifié la position de la mairesse: il faut de la «cohérence», en respect du mandat de l’ARTM, comme «intermédiaire crédible et vraiment responsable, l’autorité en place» qui a la capacité de mieux analyser l’impact des afflux de passagers au centre-ville, vers des pôles d’emploi et vers l’aéroport de Montréal notamment.

«Le danger, c’est que l’ARTM perde de la crédibilité» et que Québec, Ottawa et même les villes finissent par contourner l’ARTM.

Or l’ARTM n’a pas semblé vouloir jouer son rôle d’autorité et joindre sa voix à celle de Montréal: son porte-parole, Simon Charbonneau, a assuré qu’elle travaille en «complémentarité» avec CPDQ Infra, maître d’ouvrage du REM. Pourquoi la mairesse tient-elle à ce que le mandat revienne à l’ARTM?

«Je pense que c’est une question pour Mme Plante, je ne peux pas présumer de son analyse, a-t-il affirmé dans un entretien avec La Presse canadienne. Ces études font en sorte qu’il y a un échange continu entre les partenaires, ce ne sont pas deux vases clos.»

La semaine dernière, le ministre des Finances, Éric Girard, avait indiqué en commission parlementaire qu’«ultimement, c’est le gouvernement qui tranche, conseillé par l’ARTM».

C’est la Coalition avenir Québec (CAQ) qui s’était engagée en campagne électorale à prolonger le REM de 17 km au nord et de 22 km au sud, mais la semaine dernière, La Presse canadienne avait rapporté que le gouvernement n’avait pas encore adressé sa demande officielle à la Caisse de dépôt.

Lundi, le gouvernement a fait savoir que CDPQ Infra amorçait ses études préliminaires pour un prolongement du REM vers Laval, au nord, et vers Chambly et Saint-sur-Richelieu, au sud. À cela s’ajoute l’évaluation d’un nouveau système de transport collectif pour relier l’Est de Montréal et le secteur du cégep Marie-Victorin au centre-ville.

Le ministre des Transports, François Bonnardel, avait admis en décembre que la Caisse pouvait très bien refuser les propositions du gouvernement. Autant le Parti libéral que le Parti québécois avaient reproché à la CAQ d’avoir promis de prolonger le REM sans même vérifier si cela était faisable.

Le REM est un réseau de train électrique privé, un chantier de plus de 6 milliards $, financé à hauteur de 3 milliards $ par des fonds publics. Il comptera 26 stations sur 67 km.

Le plan du REM actuel comprend une grande ligne qui va de Deux-Montagnes jusqu’en Montérégie (Brossard), en passant par le centre-ville de Montréal, mais aussi des antennes dans l’ouest de l’île et vers l’aéroport Montréal-Trudeau.

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