Remaniement: Couillard donne suite à la «taloche» reçue dans Louis-Hébert

QUÉBEC — Au lendemain de la défaite humiliante de son parti dans la circonscription de Louis-Hébert, à l’occasion de l’élection complémentaire tenue la semaine dernière, le premier ministre Philippe Couillard avait affirmé que si on reçoit une «taloche», l’important consiste à savoir «comment on s’en relève et qu’est-ce qu’on fait avec ça».

Il en a donné un aperçu mercredi en procédant à un remaniement majeur de son équipe, un exercice attendu depuis longtemps.

M. Couillard n’aime pas les remaniements. En trois ans et demi, il n’en a fait qu’un seul digne de ce nom, en janvier 2016, les autres étant surtout des «ajustements» rendus nécessaires par des départs, des problèmes de santé ou des rétrogradations.

Une des intentions manifestes cette fois-ci était visiblement de reconquérir le coeur de Québec à temps pour le scrutin d’octobre 2018, après avoir cédé Louis-Hébert à la Coalition avenir Québec (CAQ), qui ne cesse de gagner des appuis dans la région, selon les plus récents sondages.

La capitale comptera donc désormais trois ministres au lieu de deux, avec l’ajout de la députée de Chauveau, Véronyque Trembay, qui devient ministre déléguée aux Transports.

Il a aussi nommé le ministre de l’Éducation Sébastien Proulx responsable de la capitale, davantage apprécié sur le terrain que François Blais, qui avait déçu dans cette fonction. M. Blais demeure responsable de l’Emploi et de la Solidarité sociale et prépare un plan de lutte à la pauvreté.

Il est quand même inusité de voir un premier ministre procéder à un remaniement en pleine session parlementaire. Les ministres visés n’auront que quelques jours pour former leur cabinet et se familiariser avec leurs dossiers avant la reprise des travaux le 17 octobre.

À maintes reprises, M. Couillard avait dit souhaiter renouveler son équipe pour y inclure davantage de jeunes et de femmes, un projet sans cesse reporté. Il est vrai qu’un remaniement, un exercice délicat, tant sur le plan humain que politique, provoque son lot de déceptions chez ceux qui croient chaque fois que leur tour est venu d’accéder enfin au conseil des ministres et de prendre place sur la banquette arrière d’une limousine.

En faisant passer le nombre de ministres de 25 à 30, M. Couillard fait moins de mécontents dans son caucus.

Pour éviter l’étiquette de «gouvernement usé», que les partis d’opposition tentent de lui coller à un an des élections, M. Couillard voulait aussi montrer qu’il était capable de renouveler son équipe, d’y apporter du sang neuf, d’y insuffler un air de jeunesse pour incarner l’avenir plutôt que le passé, d’où l’ajout de cinq recrues dans la trentaine et la quarantaine.

Les cinq recrues du conseil des ministres:

– Isabelle Melançon (Verdun), 43 ans, ministre du Développement durable;

– Marie Montpetit (Crémazie), 38 ans, ministre de la Culture;

– André Fortin (Pontiac), 35 ans, ministre des Transports;

– Véronyque Tremblay (Chauveau), 43 ans, ministre Déléguée aux Transports;

– Stéphane Billette (Huntingdon), 46 ans, ministre responsable des Petites et moyennes entreprises (PME).