Remorquage Taxi Montréal ciblé par la police: arrestations et perquisitions

MONTRÉAL – Les policiers de Montréal ont mis un terme, mercredi, aux activités de remorquage sauvage de la firme Remorquage Taxi Montréal, une compagnie établie sur l’avenue Léonard de Vinci dans le quartier Saint-Michel.

Pas moins de 23 perquisitions visant 11 résidences et 12 véhicules ont été menées par la section antigang de la division du crime organisé du Service de police de la ville de Montréal (SPVM), avec la collaboration de Revenu Québec et de plusieurs autres corps policiers. L’opération s’est étendue à Montréal et à Laval, de même qu’à Châteauguay et à Longueuil.

En tout, 18 personnes, 16 hommes et deux femmes âgés de 22 à 55 ans, ont été appréhendées sans résistance.

Le stratagème consistait à installer une pancarte avec un numéro de téléphone de la compagnie de remorquage près d’un hôpital ou d’un centre d’achats.

«Le client stationnait son véhicule et, à son retour, il constatait que le véhicule était disparu», a raconté Nicodemo Milano, commandant de la section antigang de la division du crime organisé au SPVM, en entrevue avec La Presse Canadienne.

«La victime communiquait alors avec le numéro sur l’affiche et, quelques instants plus tard, l’opérateur d’une remorque se présentait sur les lieux afin d’exiger un montant en argent comptant pour avoir son véhicule», a-t-il ajouté.

Ce montant n’était jamais inférieur à 65 $ et pouvait grimper facilement dans les 150 $ à 200 $ et, sans gêne, on y ajoutait les taxes.

«Faire une rétention illégale du véhicule et exiger un paiement constitue une infraction au Code criminel; c’est un vol», a indiqué le commandant Milano.

L’enquête, amorcée à la fin de 2014, a permis d’identifier jusqu’ici environ 200 victimes, mais les policiers ont bon espoir que d’autres se manifesteront à la suite de cette opération.

Les suspects feront face à des accusations de fraude, de vol, d’extorsion et de complot. Des accusations de gangstérisme pourraient également s’ajouter à la lueur de l’examen de la preuve par le Directeur des poursuites criminelles et pénales.

«La hiérarchie de la compagnie ressemblait à celle d’une organisation criminelle», a confirmé M. Milano.

La majorité des personnes appréhendées n’ont pas d’antécédents criminels, mais un des suspects a des liens connus avec des motards criminels.