Renaissance du Bloc québécois: le Québec envoie 32 députés bloquistes à Ottawa

QUÉBEC — Le Québec, qui avait voté en majorité pour le Parti libéral aux dernières élections fédérales, a choisi cette fois de redonner vie au Bloc québécois. 

Avant le déclenchement des élections, le Bloc détenait 10 sièges à la Chambre des communes. À 23h50 lundi, il en avait gagné 32.

Le chef bloquiste Yves-François Blanchet est apparu comme le grand gagnant au Québec. Il a aisément remporté son siège dans Beloeil-Chambly.

Le Saguenay–Lac-Saint-Jean, l’Abitibi-Témiscamingue, l’Est-du-Québec, la Montérégie ainsi que la couronne de Montréal ont presque entièrement viré au bleu pâle. Le Bloc québécois a aussi créé la surprise dans la grande région de Québec, où il a raflé deux circonscriptions aux conservateurs.

Le parti souverainiste a même arraché Trois-Rivières des mains du favori, l’ex-maire et candidat conservateur Yves Lévesque. Dans Lac-Saint-Jean, le Bloc a fait élire le fils de Gilles Duceppe, Alexis Brunelle-Duceppe.

Le Parti libéral tient le coup

Plusieurs libéraux l’ont tout de même emporté avec une nette avance sur leurs adversaires, dont Justin Trudeau, Mélanie Joly et Pablo Rodriguez sur l’île de Montréal, ainsi que François-Philippe Champagne en Mauricie.

D’autres piliers du gouvernement Trudeau ont été réélus au Québec, notamment Marc Garneau et David Lametti. Dans Laurier-Sainte-Marie, l’environnementaliste Steven Guilbeault a remporté son siège et fera donc son entrée à la Chambre des communes.

Le Parti libéral était en voie, lundi, de faire élire une trentaine de députés au Québec, contre 40 en 2015.

Les conservateurs s’effacent, le NPD s’effondre

Amère déception au Parti conservateur, où les gains n’ont pas été au rendez-vous. Lundi soir, les conservateurs étaient en voie de faire élire 10 députés, dont leur lieutenant québécois, Alain Rayes, dans Richmond—Arthabaska.

Dans la région de Québec, Pierre Paul-Hus, Gérard Deltell, Steven Blaney et Jacques Gourde ont tous pu conserver leurs sièges. 

En outre, l’ancien président de la Fédération québécoise des municipalités, Richard Lehoux, s’est réjoui d’avoir défait en Beauce le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier.

Du côté du Nouveau Parti démocratique, c’est la déconfiture, la résurgence du Bloc ayant provoqué l’effondrement total du vote néo-démocrate. Le parti de Jagmeet Singh n’a fait élire qu’un seul député au Québec, Alexandre Boulerice, contre 14 en 2015.

À la dissolution de la Chambre, le Parti libéral comptait 40 sièges au Québec, le Nouveau Parti démocratique, 14, le Parti conservateur, 11, le Bloc québécois, 10 et le Parti populaire, 1.

Legault a soufflé dans les voiles du Bloc

Le premier ministre du Québec, François Legault, s’est imposé lors de cette campagne électorale fédérale et en a profité pour jouer à fond la carte nationaliste.

Plusieurs observateurs s’entendent pour dire que M. Legault a soufflé dans les voiles du Bloc québécois.

Au premier jour de la campagne, il a exigé des chefs fédéraux qu’ils s’engagent à ne pas contester la loi 21 sur la laïcité de l’État.

Cette loi, adoptée sous bâillon au Québec en juin dernier, interdit le port de signes religieux à certains employés de l’État, dont les enseignants.

Tous les chefs fédéraux ont exaucé M. Legault, à l’exception du chef libéral Justin Trudeau, qui n’a jamais fermé la porte à une éventuelle contestation du fédéral.

François Legault a en outre demandé aux chefs fédéraux d’étendre les pouvoirs du Québec en matière d’immigration et de permettre au Québec d’assujettir à la loi 101 les entreprises sous compétence fédérale, dont les banques.

Pour plaire au gouvernement Legault, les chefs devaient également s’engager à autoriser la déclaration de revenus unique au Québec.

Les plus populaires