Rentrée du 11 mai: des enseignants auront accès à des masques dans leur région

MONTRÉAL — Les enseignants du primaire se préparent peu à peu à la rentrée scolaire du 11 mai dans leur région, alors que plusieurs devraient avoir accès à des masques pour se protéger du coronavirus.

Des syndicats d’enseignants, joints par La Presse canadienne mercredi et jeudi, ont indiqué qu’ils avaient eu des discussions à ce sujet avec les centres de services scolaires dans leur région respective.

Dans bien des cas, la direction s’est engagée à fournir des masques de protection pour rassurer les enseignants. Mais le port du masque sera volontaire.

La Centrale des syndicats du Québec (CSQ), qui représente la majorité des enseignants du primaire, étudie depuis quelques jours la possibilité de rendre elle-même accessibles à ses membres des masques lavables. Elle a indiqué jeudi qu’elle est actuellement en discussion avec plusieurs fournisseurs.

Des régions

Suzanne Tremblay, présidente du Syndicat de l’enseignement de l’Outaouais, affilié à la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), a relaté que ses membres sont encore «très inquiets» de cette rentrée, alors que la crise du coronavirus n’est pas terminée.

Elle a rapporté que deux des trois commissions scolaires de sa région ont déjà pris des engagements de fournir des masques. Des discussions devaient avoir lieu avec la troisième, au moment de l’entrevue.

«Au final, on y sera, mais dans des conditions sécuritaires. On sera présent, mais on est inquiet, on est dans l’inconnu. On ne sait pas comment ça va évoluer. Il reste beaucoup de questions sans réponse», a affirmé Mme Tremblay.

Dans la région de Granby, Sophie Veilleux, présidente du Syndicat de l’enseignement de la Haute-Yamaska, affilié à la FAE, rapporte aussi beaucoup de «scepticisme» de la part de ses membres quant au respect de la distance sécuritaire de deux mètres avec les enfants.

Au moment de l’entrevue, elle devait aussi rencontrer le centre de services scolaires de sa région pour revendiquer que des masques soient mis à la disposition des enseignants qui le souhaitent. «J’ai quand même confiance que la commission scolaire va comprendre les besoins des enseignants et qu’on va trouver un terrain d’entente», a-t-elle résumé.

Annie-Christine Tardif, présidente du Syndicat de l’enseignement de la région de Québec, confirme que l’offre de masques, «ça sécurise quand même beaucoup le personnel».

Elle revendique même l’accès à des gants et des visières pour les classes spécialisées, où les enfants peuvent faire des crises, et les tout-petits.

«Est-ce que nos membres ont envie de voir leurs élèves? Oui, Est-ce que certains sont anxieux? Oui. On commence à voir un peu comment ça se place. On espère qu’avec les discussions qui continuent, ils vont se sentir plus en sécurité», a commenté Mme Tardif.

À la CSQ, la présidente Sonia Éthier a applaudi à cet accès aux masques pour ceux qui le désirent. «Nous sommes très favorables à ces initiatives des commissions scolaires et nous sommes disposés à contribuer à la réflexion quant à des mesures préventives en milieu de travail», a-t-elle commenté.

De même, le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur a publié un guide qui répond à différentes questions liées à la COVID-19.

Les syndicats d’enseignants attendent également les recommandations de l’Institut national de santé publique et de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail.