Rentrée parlementaire à Québec: tir groupé contre Roberge

QUÉBEC — Jean-François Roberge a été largement critiqué, mardi, pour le déploiement considéré comme bâclé des tests rapides de dépistage de la COVID-19 dans les écoles. 

Le ministre de l’Éducation a été la cible de vives attaques des partis de l’opposition, au jour de la rentrée parlementaire, tout comme il l’avait été à la dernière session.

«Le déploiement des tests rapides présentement est un chaos dans nos écoles», s’est insurgée en point de presse la cheffe de l’opposition officielle, Dominique Anglade. 

«On est deux semaines après la rentrée des classes, ça aurait dû être déployé depuis longtemps et préparé durant le mois d’août, durant le mois de juillet», a-t-elle ajouté.

Le député Vincent Marissal, de Québec solidaire, a demandé au ministre Roberge d’«arrêter de nous présenter des brouillons».

«Ce matin, on se retrouve avec un autre foutoir, a-t-il lancé. À chaque fois, il arrive avec une affaire mal foutue, il faut détricoter et recommencer.»

Le gouvernement a récemment envoyé des tests rapides de dépistage dans une cinquantaine d’écoles situées dans quatre quartiers chauds de Montréal et Laval. 

Les directions d’établissement se demandent encore qui va faire passer les tests aux élèves, dans un contexte de pénurie de personnel.

Québec dépêchera le directeur de la campagne de vaccination, Daniel Paré, pour diriger l’opération, a confirmé mardi le ministre de la Santé, Christian Dubé.

Son mandat sera de déployer les tests rapides dans toutes les écoles primaires du Québec, et ce, le plus rapidement possible, a-t-il dit.

«La Santé publique s’est ajustée et nous a donné une nouvelle recommandation, a-t-il expliqué. Ça va être un élément de notre stratégie qui est très important.» 

Selon les données officielles les plus récentes, il y a 1267 cas actifs de COVID-19 dans 790 écoles au Québec et 142 classes fermées.

«C’est un cafouillage éhonté», s’est exclamé le chef parlementaire du Parti québécois, Joël Arseneau. 

«En fait, c’est une totale improvisation et on ne comprend pas pourquoi le gouvernement n’a pas profité de l’été dernier pour faire ses devoirs. Véritablement, il coule à l’examen.»

Bris de service?

Dans un autre ordre d’idées, le ministre de la Santé a également fait état, mardi, d’«enjeux de personnel très importants» dans le système de la santé. 

Il a averti qu’«on aura à faire des choix de services dans certaines régions» à cause du manque de personnel. La situation est particulièrement préoccupante en Abitibi-Témiscamingue, a déclaré M. Dubé.

«On va avoir des endroits en Abitibi où il va falloir fermer, par exemple, une urgence pour être capable de s’assurer qu’on n’a pas de bris de service qui n’est pas planifié», a-t-il affirmé.

«J’aime beaucoup mieux qu’on soit capable de rediriger des services à certains endroits que d’avoir des services qui ne sont soit pas sécuritaires pour les employés ou pour les patients.»

Le manque de personnel en Abitibi-Témiscamingue n’a rien à voir avec la COVID-19, a expliqué M. Dubé. Le problème serait plutôt que l’Ontario recrute les infirmières québécoises à coup de «primes de 10 000 $».

Selon le ministre de la Santé, il manque actuellement 4000 infirmières dans le réseau québécois.

Il a toutefois prévenu contre les risques d’une augmentation des cas de COVID-19 dans le Grand Montréal.

«En Abitibi, ce n’est pas lié à la COVID, mais si on ne veut pas que la même chose nous arrive, dans notre grande région de Montréal, c’est sûr qu’il va falloir suivre ça de très près. 

«Au cours des prochains jours, prochaines semaines, on va suivre ça de très proche, mais il se peut qu’on ait à faire du délestage important de services ou de la réorganisation des services», a déclaré le ministre.

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