Rentrée parlementaire de l’automne: «Il faut que je sois plus zen», dit Legault

QUÉBEC — François Legault a pris une résolution: offrir à l’avenir aux Québécois un premier ministre zen, calme en permanence, qui réplique avec le sourire aux attaques de l’opposition.

À l’approche de la prochaine campagne électorale, le premier ministre s’attend à devoir affronter une opposition de plus en plus agressive à son égard, ce qui testera sa capacité à demeurer serein en toutes circonstances.

«Il faut que je sois plus zen», a commenté le premier ministre, vendredi, en conférence de presse, en traçant le bilan gouvernemental, au terme de la présente session parlementaire.

Il a qualifié son tempérament de «sanguin», avec une tendance à l’occasion à s’emporter, à «montrer trop de caractère». 

Il s’est donc engagé à tenter de ne pas se fâcher en Chambre lors de la prochaine session parlementaire, en septembre, même quand les questions de ses rivaux vont le contrarier.

Récemment, M. Legault a montré des signes d’impatience, notamment lors de la démission forcée du ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, à la suite d’une série de rapports accablants de la commissaire à l’éthique. M. Fitzgibbon est un proche du premier ministre, qui n’accepte pas d’entendre à répétition l’opposition marteler que l’ex-ministre s’était placé en conflit d’intérêts.

«Ça peut être choquant, mais il ne faut pas que je me choque», a commenté M. Legault, résolu à s’amender.

Selon les partis d’opposition, M. Legault ne cache pas davantage son penchant pour l’arrogance. Il s’est attiré les foudres de ses adversaires, quand il a prédit en Chambre que son parti allait continuer à régner en maître sur la ville de Québec et la rive-sud, grâce au projet de tunnel Québec-Lévis. 

Devant les critiques sur le tunnel Québec-Lévis de la cheffe parlementaire solidaire Manon Massé, il avait déclaré: «Je comprends qu’elle a deux députés à Québec, mais on verra, l’année prochaine, combien il en reste. Puis, à ce que je sache, elle n’en a aucun dans Chaudière-Appalaches, puis ça va rester comme ça.»

Le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, avait parlé «d’électoralisme décomplexé». Le député solidaire Gabriel Nadeau-Dubois avait renchéri pour qualifier l’attitude du premier ministre de «méprisante», une manière de faire de la politique «où on achète des votes avec des bouts de route payés par les contribuables», comme à l’époque de Maurice Duplessis.

Trônant au sommet dans les sondages d’opinion, loin devant ses adversaires, M. Legault a dit vouloir, malgré sa popularité indéniable, demeurer «humble», ne pas céder à la tentation de l’arrogance, et ne rien tenir pour acquis à l’approche du prochain rendez-vous électoral, en octobre 2022. Il dit vouloir être à l’écoute des électeurs.

Dans ce but, le premier ministre, qui dit n’avoir aucun projet de remanier son cabinet à court terme, prévoit faire une tournée des régions du Québec, incluant le Nord du Québec, dès la mi-août, après avoir pris quelques semaines de vacances, en Estrie et dans Charlevoix.

Parmi ses bons coups de la session, il a identifié notamment le succès de la campagne de vaccination contre le virus de la COVID-19 et le dépôt du projet de loi 96 sur la promotion du français, le «geste le plus important depuis la loi 101 de Camille Laurin», qui fera l’objet d’une consultation à l’automne.

Il s’est dit fier par ailleurs d’avoir réussi à garder autant que possible les écoles ouvertes, malgré la pandémie, au cours des derniers mois.

Médecins de famille: pénalités en vue?

Mais M. Legault paraît moins zen quand il parle des médecins de famille. Il entend les mettre au pas à l’automne.

Il veut renforcer la première ligne, en revenant à la charge pour atteindre l’objectif de faciliter l’accès aux médecins de famille.

Pour y arriver, il n’exclut pas de revoir le mode de rémunération des médecins et d’imposer des pénalités financières à ceux qui refuseront de se conformer aux exigences de Québec sur le nombre de patients à prendre en charge.

Phénomène récurrent auquel ont été confrontés tous les gouvernements précédents, une proportion de Québécois n’a toujours pas de médecin de famille.

«On va travailler fort pour changer les choses», a-t-il dit, en ajoutant que ce n’était «pas facile de négocier avec la FMOQ», la Fédération des médecins omnipraticiens.

«Ce qui ne marche pas, c’est qu’il y a des médecins de famille qui ne prennent pas en charge un minimum de patients», a déploré le premier ministre, qui juge la situation inacceptable.

Parmi les engagements à remplir avant la fin du mandat, il y a aussi l’encadrement des enfants en difficulté pris en charge par la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ). Dans les prochains mois, il a promis «un tournant majeur au Québec» en ce domaine, conformément aux recommandations de la commission Laurent.  

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