Rentrée scolaire: les enseignants ontariens sont toujours inquiets

TORONTO — Les quatre principaux syndicats d’enseignants de l’Ontario affirment qu’une rencontre avec le ministre du Travail n’a permis d’obtenir aucun engagement du gouvernement pour répondre aux préoccupations concernant les normes de sécurité dans le plan de retour en classes.

Les syndicats avaient demandé une telle rencontre plus tôt ce mois-ci parce qu’ils estiment que le plan du gouvernement de Doug Ford viole la Loi sur la santé et la sécurité du travail.

Dans une lettre conjointe adressée à leurs 190 000 membres, les quatre syndicats soutiennent qu’ils ont demandé au ministère du Travail d’émettre une série d’ordonnances dans les écoles pour protéger les élèves et les enseignants. Les syndicats estiment que la norme devrait être de 15 à 20 élèves par classe et une cohorte de 50 élèves maximum. Ils demandent aussi les mêmes exigences de ventilation dans les écoles que celles qui sont jugées sécuritaires pour les palais de justice de la province.

Les syndicats croient aussi que les conseils scolaires devraient être autorisés à retarder le début de l’année scolaire afin de s’assurer que les mesures de santé et de sécurité sont bien en place.

Si les ordonnances ne sont pas rendues d’ici vendredi, les syndicats déposeront une plainte auprès de la Commission des relations de travail de l’Ontario. Il a été impossible d’obtenir mardi les commentaires du ministre du Travail, de la Formation et du Développement des compétences, Monte McNaughton.

Une campagne controversée

Le premier ministre Ford a par ailleurs défendu mardi la nouvelle campagne publicitaire lancée par son gouvernement pour faire connaître le plan de réouverture des écoles. M. Ford estime que les députés de l’opposition qui ont critiqué les publicités «font de la petite politique» et que son gouvernement doit tenir la population au courant des mesures pour la rentrée.

Le premier ministre n’a pas pu dévoiler combien coûteraient ces publicités, mais il a indiqué qu’elles continueraient d’être diffusées, malgré les critiques.

La campagne inclut des publicités imprimées et un message radiophonique de 30 secondes vantant les efforts du gouvernement pour consulter les professionnels de la santé et de l’éducation dans l’élaboration de sa stratégie. Elle détaille également certaines des mesures incluses dans le plan et fait la promotion d’un site web gouvernemental contenant plus d’informations.

Des députés néo-démocrates et libéraux de l’opposition affirment que Doug Ford devrait plutôt s’attarder à dépenser de l’argent pour embaucher plus d’enseignants et accroître la distanciation physique dans les écoles.

Le plan du gouvernement progressiste-conservateur a été critiqué par les conseils scolaires, les syndicats d’enseignants et certains parents, qui jugent qu’il n’en fait pas assez pour réduire la taille des classes dans les écoles primaires.

Une porte-parole du ministre de l’Éducation, Stephen Lecce, a déclaré que la publicité visait à fournir aux parents et aux élèves des informations sur la réouverture des écoles.

100 nouveaux cas

Par ailleurs, l’Ontario a signalé mardi 100 nouveaux cas de COVID-19 et deux nouveaux décès liés au virus. Le nombre total de cas s’élève désormais à 41 607, dont 2800 décès et 37 748 guérisons. Soixante-quinze guérisons ont été rapportées mardi.

La ministre de la Santé, Christine Elliott, a noté que 30 des 34 bureaux de santé publique de l’Ontario avaient signalé moins de cinq nouveaux cas et que 18 d’entre eux n’en avaient signalé aucun.

Des chauffeurs d’autobus inquiets

De leur côté, les chauffeurs d’autobus scolaires de l’Ontario disent qu’ils ont besoin de directives du gouvernement et des conseils scolaires sur les protocoles de sécurité liés à la COVID-19, y compris la distanciation sociale, l’utilisation des masques et la désinfection.

À l’approche de la rentrée, les chauffeurs, dont plusieurs sont des retraités, affirment qu’ils ont encore beaucoup de questions sur ce qu’ils devraient faire si un enfant dans l’autobus est malade.

«Nous savons à quel point il est important d’amener les enfants à l’école, mais nous ne voulons pas être ce maillon faible, nous ne voulons pas être responsables d’une épidémie ou quelque chose dans notre communauté», a déclaré Debbie Montgomery, présidente de la section locale 4268 d’Unifor, qui représente les chauffeurs d’autobus. «Nous voulons bien faire les choses et nous voulons atténuer autant de risques que possible.»

Mme Montgomery a noté que la réglementation provinciale n’autorise pas l’utilisation du plexiglas pour protéger les chauffeurs, à qui on demande d’assumer plus de responsabilités, comme vérifier les présences et s’assurer que les enfants gardent leur masque. Elle a ajouté que certains chauffeurs avaient déjà reçu des listes avec plus de 70 élèves pour septembre.

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