Réorganisation majeure et temporaire des services infirmiers en Abitibi-Témiscamingue

ROUYN NORANDA, Qc — Aux prises avec un manque chronique de personnel infirmier, qui date de bien avant la pandémie de COVID-19, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Abitibi-Témiscamingue (CISSS-AT) annonce une réorganisation de ses services pour une période de trois mois.

Le CISSS-AT prévoit, pour 2020-2021, un manque à gagner de 160 infirmières (Équivalent temps plein), ce qui représente 20% des heures travaillées, ou une infirmière sur cinq. En 2016-29017, le manque à gagner équivalait à 10% des heures travaillées.

La relève n’est pas très rose, puisque 217 infirmières ont 52 ans et plus, et 261 sont considérées «vulnérables», c’est-à-dire en âge de procréer.

«On ne peut pas les comptabiliser comme tel, parce qu’on ne peut pas savoir si et quand elles prendront des congés de maternité, explique la PDG du CISSS-AT, Caroline Roy. Mais dans le contexte actuel, il faut le prévoir.»

Et puisqu’il est question de relève, la chute démographique chez les 15-19 ans provoque un creux dans les inscriptions en Sciences infirmières au Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue. «En fait, on embauche pratiquement toutes les finissantes en sciences infirmières au Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue, fait savoir Mme Roy. Même que dès leur première année d’études, on les engage comme préposées aux bénéficiaires.»

Réduire plutôt que fermer

Le CISSS-AT a donc décidé de répertorier les services qui peuvent être offerts sans la participation d’une infirmière, et ceux où on pourrait réduire le nombre d’infirmières nécessaires.

Le tout en ayant le moins d’impact possible sur la population. «Cela va provoquer des changements temporaires pour certains patients, directrice des services professionnels et de l’enseignement universitaire. Cela pourrait signifier, par exemple, que quelqu’un qui reçoit un service dans une clinique donnée pourrait devoir se déplacer dans un autre centre de services.»

Aucun centre de services ne sera fermé cependant, assure le Dr Léger. «Notre objectif est de garder nos points de services ouverts. Mais il est clair que certains n’offriront pas tous les services habituels. Nous préférons réduire les services plutôt que de fermer.»

Le recours aux infirmières d’agence a aussi bondi en quatre ans. Elles représentaient 3,39% des heures travaillées en 2016, et près de 13% en 2020.

De plus, l’Abitibi-Témiscamingue a maintenant de la compétition. «Auparavant, seules les régions éloignées faisaient appel aux agences, remarque Caroline Roy. Aujourd’hui, toutes les régions font appel a elles, donc certaines infirmières regardent maintenant dans des régions plus près des grands centres.»

La crise de la COVID-19 joue cependant en faveur de l’Abitibi-Témiscamingue. «Comme nous sommes l’une des seules régions en jaune, nous devenons soudainement plus attirants, souligne la PDG. Nous avons vu certaines infirmières récemment qui ont décidé de prolonger leur séjour chez nous ou de signer des ententes plus longues.»

Texte de l’Initiative de journalisme local

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