Réouverture des centres commerciaux: pas de cohue

ST-BRUNO, Qc — Les clients ne semblaient pas se ruer vers les centres commerciaux du grand Montréal, qui réouvraient ce vendredi 19 juin après près de trois mois de fermeture dûs à la COVID-19. Le stationnement des Promenades St-Bruno, sur la rive sud de Montréal, était très loin d’être rempli à pleine capacité, même par un vendredi chaud et humide.

Il n’y a que devant les succursales de quelques chaînes telles Simons, Nespresso, Renaud Bray et Yves Rocher où l’on pouvait voir des files d’une dizaine de clients, qui respectaient d’ailleurs la distanciation sociale de deux mètres. Les magasins qui accueillaient la clientèle le faisaient d’ailleurs, pour la plupart, dans le respect des normes de sécurité, avec lavage de mains à l’entrée et à la sortie.

Le port du masque, par contre, semble loin d’être acquis, surtout chez les plus jeunes consommateurs. «Je n’en vois tout simplement pas la nécessité, mais c’est sûr que je fais attention», avoue Catherine, une adolescente qui fait la tournée des magasins pour la première fois avec sa meilleure amie depuis le mois de mars.

Ce sont davantage les personnes plus âgées, surtout les aînés, qui le portent. «C’est avant tout pour ma sécurité que j’accepte le porter», dit pour sa part Carmen, qui déplore le fait que peu de jeunes ne portent pas ou très peu le masque.

Consommateurs heureux, commerçants soulagés

Le centre avait beau être ouvert, environ un commerce sur deux aux Promenades St-Bruno demeurait fermé. Plusieurs propriétaires ont décidé de n’ouvrir que le lundi 22 juin. À la déception de plusieurs consommateurs d’ailleurs. «COVID ou non, je suis content que les Promenades soient enfin ouvertes. Je me considère comme un consommateur compulsif et je l’assume pleinement», confiait David, qui attendait patiemment son tour d’entrer chez Simons.

D’autres disaient être venus faire un peu de lèche-vitrine, tout en profitant avant tout d’une zone de fraîcheur, à l’air climatisé.

Les commerçants sur place n’en exprimaient pas moins leur bonheur d’ouvrir enfin leurs portes. «Nous étions fermés depuis le 17 mars et maintenant, c’est deux employés à la fois. C’est certain que le magasin a souffert. Nos ventes en ligne ont été de l’ordre de 10 à 15% des ventes que nous faisons habituellement», explique Odette, gestionnaire du magasin Body Skin. Elle reste optimiste que les choses se replaceront rapidement. «Nous prenons cela au jour le jour. Pour l’instant, c’est comme Noël pour nous, avec la fête des Pères dimanche».

Pour Ismaël, gérant du magasin Jack & Jones, les défis posés par la pandémie sont loin d’être terminés pour le commerce de détail. «Ce sont pour nous de gros changements dans nos habitudes, dans la manière d’approcher les clients et de manipuler les produits.»

À la Place Longueuil, le portrait était sensiblement le même qu’aux Promenades Saint-Bruno. Alexandre, le propriétaire du Centre du Rasoir, se disait lui aussi très heureux de reprendre enfin le boulot, après trois mois de fermeture obligée. «Le retour se fait quand même très lentement, dit-il. Comme nous sommes un magasin spécialisé, nous souffrons financièrement. Et nous ne survivrons certainement pas à une autre vague de fermeture comme celle que nous venons de vivre.»

On trouvait malgré tout des magasins qui notaient un achalandage plus élevé qu’anticipé. Bruno, gérant de la boutique Bentley de place Longueuil, s’en disait même surpris. «Je dois dire que je ne m’attendais pas ça, surtout avec ce qui se passe présentement avec les voyages… mais la plupart des clients qui sont entrés dans le magasin ont fait des achats. C’est tout de même positif pour nous.»

Dans sa série de mesures pour freiner la propagation de la COVID-19, le gouvernement avait exigé la fermetures des centres commerciaux le 23 mars dernier, alors que plusieurs commerçants avaient déjà décidé de fermer ou de réduire leurs heures.

Texte de l’Initiative de journalisme local

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