Reprise de l’enquête sur la tuerie de Big Tracadie, en Nouvelle-Écosse

HALIFAX — L’enquête provinciale doit reprendre mardi sur une terrible tragédie survenue il y a quatre ans à Big Tracadie, en Nouvelle-Écosse: le 3 janvier 2017, Lionel Desmond, vétéran de la guerre en Afghanistan, tuait par balles sa mère de 52 ans, sa femme de 31 ans et leur fille de 10 ans, avant de se suicider.

L’enquête sur ce drame, interrompue il y a onze mois à cause de la pandémie, devrait entendre cette semaine le témoignage de la soeur de M. Desmond, Cassandra, et d’autres membres de la famille.

Lionel Desmond était un homme désespérément malade — et il le savait. L’ancien soldat de 33 ans souffrait d’un grave trouble de stress post-traumatique et d’une possible lésion cérébrale traumatique lorsqu’il a été libéré de l’armée en 2015. Anciens Combattants Canada était ensuite responsable de ses soins, mais quelque chose s’est terriblement mal passé après son congé d’un établissement de soins à Montréal en août 2016 — cinq mois avant le drame. 

Cassandra et sa soeur jumelle, Chantel, ont mené une campagne pour obtenir la tenue d’une enquête publique, soutenant que leur frère n’avait pas reçu les traitements dont il avait besoin lorsqu’il est rentré chez lui en Nouvelle-Écosse. 

Au cours de 17 jours d’audiences qui se sont terminés en mars, on a appris entre autres que M. Desmond n’avait reçu du ministère des Anciens Combattants aucun traitement de suivi ou soutien durant les quatre mois qui ont précédé le drame. 

L’enquête a également appris que M. Desmond était si désespéré de trouver de l’aide qu’à au moins deux reprises, il s’était rendu dans un hôpital d’Antigonish, en Nouvelle-Écosse, où il a été vu par des médecins aux urgences.

Le docteur Ian Slayter, psychiatre de l’hôpital, a déclaré à l’enquête que les travailleurs de la santé fédéraux et provinciaux opéraient en silos, ce qui les empêchaient de fournir le meilleur traitement à M. Desmond. Dans un courriel récent, le psychiatre soutient qu’«il ne semble pas y avoir de protocoles efficaces en place pour le partage d’informations lorsqu’un soldat est renvoyé dans la vie civile».

Le juge de la Cour provinciale Warren Zimmer, qui préside la commission d’enquête, a souligné des preuves qui suggèrent que le ministère des Anciens Combattants n’avait pas partagé d’informations clés sur la gravité de la maladie mentale de M. Desmond avec l’un des derniers professionnels de la santé à parler à l’homme de 33 ans.

La commission n’a pas encore entendu le témoignage de représentants du ministère des Anciens Combattants.

L’enquête examine également si la famille Desmond a eu accès à des services de lutte contre la violence conjugale et si les professionnels de la santé avaient été formés pour faire face à ce genre de situations. 

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