Résidence pour aînés: 34 pour cent d’augmentation de salaire dès la signature

MONTRÉAL – Des syndiqués d’une résidence privée pour personnes âgées viennent d’obtenir une augmentation de salaire de… 34 pour cent dès la signature du contrat.

C’est la section locale 7065 du Syndicat des métallos, affilié à la FTQ, qui a réussi ce tour de force pour ses membres qui travaillent à la Villa Port-Cartier, dans la ville du même nom.

Plus précisément, le salaire horaire y passera de 11,34 $ à 15,19 $ dès la première année. Il sera même rétroactif au mois d’octobre dernier.

Il passera à 15,79 $ l’heure en octobre 2017, puis à 16,39 $ l’heure en octobre 2018, a précisé au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne, mardi, Yves-Aimé Boulay, représentant du Syndicat des métallos pour la région de la Côte-Nord, de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine.

Les dix syndiqués concernés, principalement des préposés aux bénéficiaires, obtiennent du même coup le fameux salaire minimum à 15 $ — pour lequel plusieurs organisations syndicales et groupes se battent partout au Québec.

De plus, les primes de nuit seront doublées. Elles passeront de 35 à 70 cents l’heure. Et la contribution de l’employeur à un REER (Régime enregistré d’épargne-retraite) du Fonds de solidarité passera de 250 $ à 350 $ par année si le salarié fait une contribution équivalente.

«L’employeur avait un problème d’absentéisme et de rétention du personnel» à cause des salaires qu’il versait auparavant, a expliqué M. Boulay. Il faut dire que Port-Cartier étant une ville minière, en région éloignée, les salaires y sont en général élevés.

«À 11,34 $ l’heure, ils pouvaient aller travailler au dépanneur, où ils faisaient plus (d’argent) et avec moins de responsabilités», a dit le syndicaliste. Voilà pourquoi l’employeur a accepté d’augmenter autant le salaire de ses travailleurs, pour les garder, a-t-il ajouté.

Le Syndicat des métallos (FTQ) mène des négociations dans quelques autres résidences privées pour personnes âgées et M. Boulay espère bien pouvoir y reproduire la même entente.

Celle-ci a d’ailleurs déjà été ratifiée par les travailleurs. Il s’agit d’une deuxième convention depuis la syndicalisation.

Lors du dernier congrès de la FTQ, en décembre dernier à Montréal, les syndicats s’étaient engagés par résolution à faire de cette bataille pour le salaire minimum à 15 $ une priorité à leurs tables de négociation respectives.

La FTQ compte 5000 syndicats locaux, répartis dans 35 grands syndicats, ce qui donne plus de 600 000 membres au Québec.

Le salaire minimum est actuellement de 10,75 $ l’heure au Québec. Il sera haussé à 11,25 $ le 1er mai prochain.