Résidences privées pour aînés: au tour de la FTQ de demander un décret

MONTRÉAL — C’est au tour de la FTQ d’y aller de tout son poids pour demander au gouvernement Legault de décréter les conditions de travail dans les résidences privées pour personnes âgées.

Le président de la centrale syndicale de plus de 600 000 membres, Daniel Boyer, a écrit au ministre du Travail et de l’Emploi, Jean Boulet, mercredi, pour lui redemander expressément d’adopter un décret de convention collective pour ces travailleurs dans le privé.

Ils gagnent à peine plus que le salaire minimum, soit 13 $ à 14 $ l’heure dans les résidences privées pour personnes âgées et les CHSLD privés non conventionnés.

Mardi, ce sont deux des grands syndicats affiliés à la FTQ, le Syndicat québécois des employés de service et l’Union des employés de service, qui avaient adressé une semblable missive au ministre du Travail.

Leur demande vaut non seulement pour les préposés aux bénéficiaires, mais pour l’ensemble des travailleurs dans les résidences privées pour personnes âgées.

Ce qu’est un décret

Il existe déjà 15 de ces décrets de convention collective au Québec, notamment dans les agences de sécurité et l’entretien d’édifices publics.

Ils accordent des conditions de travail minimales aux travailleurs de tout un secteur, tant aux syndiqués qu’aux non-syndiqués. Ils sont ensuite gérés par un comité paritaire.

Boulet et Legault

Mardi, lorsqu’il avait reçu la lettre des deux grands syndicats affiliés à la FTQ, le ministre du Travail s’était dit «sensible à la question des conditions de travail dans les résidences privées pour aînés».

«J’ai d’ailleurs demandé que l’on explore les pistes de solutions possibles pour améliorer les conditions de travail dans ce secteur», avait-il ajouté.

Mais en janvier dernier, lorsque La Presse canadienne l’avait interrogé à ce sujet, il avait répondu qu’il fallait que la demande vienne également des employeurs.

Le premier ministre François Legault a également été interrogé, mardi, sur cette demande d’obtenir un décret de convention collective dans le privé. Il a dit croire que les négociations qui ont cours, actuellement, pour bonifier leur rémunération dans le secteur public, «ça va mettre une pression dans le secteur privé».

Le gouvernement Legault a d’ailleurs accordé une prime de 4 $ l’heure à ces préposés aux bénéficiaires dans le privé, mais cette prime est temporaire, pour la durée de la crise du coronavirus. Et le premier ministre a soutenu que même à 17 $ l’heure, ces préposés n’étaient pas suffisamment payés pour le travail qu’ils font.