Responsabilités confiées par Legault aux élus de la CAQ: les hommes d’abord

QUÉBEC — L’objectif de parité ne semble pas avoir été le critère retenu par le premier ministre François Legault, au moment de dresser sa liste, rendue publique vendredi, des responsabilités confiées à une cinquantaine de députés caquistes.

Ces diverses nominations sont souvent le prix de consolation offert aux députés déçus de ne pas avoir été appelés à faire partie du conseil des ministres.

Quand on regroupe les députés caquistes qui auront droit à des fonctions rémunérées, soit celles d’officiers parlementaires et d’adjoints parlementaires, on obtient une grande disproportion sur la base du genre, avec un total de 28 élus, parmi lesquels on trouve 19 hommes (68 %) et neuf femmes (32 %).

Au Salon bleu, du côté des banquettes ministérielles, on comptera donc huit officiers parlementaires, soit six hommes (75 %) et deux femmes (25 %). Tous les postes-clés et mieux rémunérés ont été alloués aux députés masculins: Simon Jolin-Barrette, leader parlementaire (dont la rémunération de base est bonifiée de 76 171 $), Mario Laframboise, président du caucus (plus 25 390 $), et Éric Lefebvre, whip en chef du gouvernement (plus 35 546 $), qui conservent les fonctions qu’ils occupaient antérieurement. Aux deux femmes, Nancy Guillemette et Geneviève Hébert, on confiera un rôle d’adjointe au whip (plus 20 312 $). Chez les officiers, on ne compte aucun nouvel élu du 3 octobre.

Dans l’exercice de leurs fonctions, les ministres du gouvernement Legault seront appuyés par un total de 20 adjoints parlementaires, soit le maximum autorisé par la loi. Ces adjoints parlementaires voient leur salaire annuel de base de député (101 561 $) bonifié de 20 000 $.

Du total des adjoints parlementaires, on comptera 13 députés masculins (65 %) et sept féminins (35 %). Tous les adjoints parlementaires nommés vendredi sont des députés qui ont été réélus le 3 octobre. Il n’y a aucun nouveau.

Durant le précédent mandat, le premier ministre s’était entouré de quatre adjoints parlementaires, tous des hommes, qui avaient des mandats spécifiques. Cette fois, il a choisi de n’en avoir aucun. 

La Coalition avenir Québec (CAQ), qui forme le gouvernement, a fait élire ou réélire 90 députés le 3 octobre. Afin de confier des responsabilités au plus grand nombre d’entre eux, le premier ministre Legault a choisi de créer une nouvelle catégorie de bras droits aux ministres, les «adjoints gouvernementaux», dont les tâches seront similaires à celles d’adjoints parlementaires.

Cependant, comme cette fonction n’est pas officiellement reconnue par la loi, elle ne sera pas rémunérée. Et c’est dans cette catégorie qu’on retrouve une majorité de femmes. Il y aura 22 adjoints gouvernementaux, soit huit hommes (36 %) et 14 femmes (64 %).

Dans les faits, les adjoints gouvernementaux vont donc gagner 20 000 $ de moins par année que les adjoints parlementaires.

La très grande majorité des adjoints gouvernementaux (18 sur 22) sont de nouveaux venus, élus pour la première fois lors du dernier scrutin. 

Pas d’adjoint à la Condition féminine

Du jamais vu, les 30 ministres du gouvernement du Québec pourront donc compter sur l’appui de pas moins de 42 adjoints, parlementaires ou gouvernementaux, ayant des responsabilités sur à peu près tous les enjeux imaginables. 

Cette situation fera en sorte que leurs responsabilités seront dans certains cas très pointues: par exemple, un s’occupera exclusivement de l’érosion des berges, un autre du bien-être animal. Mais aucun des 42 adjoints n’a reçu de mandat relié à la Condition féminine.

Le super-ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, fera partie des membres du cabinet les plus privilégiés avec trois adjoints à son service, tout comme le ministre de l’Éducation, Bernard Drainville. 

Plusieurs ministres en auront deux: Geneviève Guilbault (Transports), Christian Dubé (Santé), Benoît Charette (Environnement), Sonia LeBel (Conseil du trésor), Christine Fréchette (Immigration), André Lamontagne (Agriculture) et Caroline Proulx (Tourisme). 

On s’attend par ailleurs à ce que trois autres députés caquistes se voient attribuer des fonctions parlementaires dès la reprise des travaux, à la fin du mois: l’ex-ministre de la Culture, Nathalie Roy, qui deviendrait la présidente de l’Assemblée nationale, Chantal Soucy, qui passerait de deuxième à première vice-présidente, et Sylvain Lévesque, qui deviendrait deuxième vice-président.

Malgré le grand nombre de nominations d’élus faites depuis le 3 octobre (les 30 ministres et les 50 adjoints et officiers), certains élus caquistes sont toujours laissés de côté, sans aucune responsabilité particulière, du moins pour l’instant: l’ex-ministre Sylvie D’Amours et les députés Luc Provençal, Robert Bussière, Jean-François Simard et André Bachand. 

Ils pourraient cependant faire partie des nominations à venir prochainement dans les rôles de présidents et vice-présidents de commissions parlementaires. 

La CAQ de François Legault a réussi à faire élire 41 femmes le 3 octobre, soit 45 % de son caucus. Le cabinet est formé de 14 femmes et 16 hommes.  

Laisser un commentaire

Les commentaires sont modérés par l’équipe de L’actualité et approuvés seulement s’ils respectent les règles de la nétiquette en vigueur. Veuillez nous allouer du temps pour vérifier la validité de votre commentaire.