Resserrement des mesures sanitaires dans trois villes: Québec, Lévis et Gatineau

QUÉBEC — La troisième vague de COVID-19 déferle présentement plus durement sur trois régions du Québec, obligeant le gouvernement Legault à durcir le ton pour tenter d’en diminuer la force et l’impact.

Pendant au moins une dizaine de jours, les citoyens de Québec, Lévis et Gatineau devront donc une fois de plus se conformer à de nouvelles contraintes sanitaires et à un resserrement des directives de confinement.

Ces trois villes, où la situation est jugée «critique», reviennent au palier rouge et sont mises sur pause à compter de jeudi 20 heures jusqu’au lundi 12 avril.

Tous les commerces non essentiels devront fermer leurs portes d’ici là, de même que les écoles primaires et secondaires, les restaurants, les cinémas, les salons de coiffure, les salles de spectacles, les gyms, musées et autres lieux publics. Les lieux de culte ne pourront accueillir plus de 25 personnes.

Le télétravail demeure obligatoire. Les restaurants pourront continuer à offrir des plats pour emporter et à les livrer aux clients.

L’annonce a été faite en fin de journée mercredi par le premier ministre François Legault, en conférence de presse à l’Assemblée nationale, à la veille du long congé de Pâques, habituellement propice aux rassemblements familiaux.

Le premier ministre a dit qu’une aide financière serait mise à la disposition des établissements visés par les annonces.

«Il faut vraiment donner un grand coup pendant une dizaine de jours à Québec, Lévis et Gatineau», a dit le premier ministre.

En fait, quatre régions passent au palier rouge à partir de jeudi à 20 heures: les régions du Bas-Saint-Laurent, de la Capitale-Nationale, de Chaudière-Appalaches et de l’Outaouais.

Mais les trois villes précitées font l’objet de mesures d’urgence additionnelles et temporaires, pour une dizaine de jours.

D’autres régions pourraient elles aussi être visées par un resserrement des mesures dans les prochains jours, a prévenu M. Legault.

Dans les sous-régions ciblées, pour éviter les contacts et les rencontres, le couvre-feu est ramené de 21h30 à 20h, jusqu’à 5h le lendemain matin.

Les activités extérieures de sport ou de loisirs sont permises uniquement avec les personnes résidant à la même adresse ou par un groupe de huit personnes avec distanciation de deux mètres.

Les services de garde éducatifs à l’enfance et scolaires demeureront ouverts, mais on demande aux parents qui le peuvent de garder les enfants à la maison.

M. Legault était accompagné du ministre de la Santé, Christian Dubé, et du directeur national de la santé publique, le Dr Horacio Arruda.

Ce dernier s’est défendu de préconiser la stratégie du yo-yo, en ouvrant et en fermant constamment des secteurs d’activité, selon le nombre de cas. Il fallait «agir en urgence», a-t-il dit, pour éviter une escalade de cas dans les villes citées et un débordement dans les hôpitaux.

Mercredi soir, le premier ministre Justin Trudeau a affirmé sur Twitter que «la décision prise par le premier ministre Legault était sans aucun doute difficile, mais c’est la bonne».

«Ça va aider à assurer la sécurité des Québécois, et je vous encourage tous à suivre les mesures en place dans votre région», a écrit M. Trudeau.

Après une période d’accalmie, la présence du virus de la COVID-19 est en hausse marquée au Québec, qui rapportait mercredi 1025 nouveaux cas et neuf décès supplémentaires.

À Québec, avec la présence croissante de variants, le nombre de cas répertoriés quotidiennement a plus que doublé depuis une semaine. Mercredi, on rapportait 194 nouveaux cas de COVID-19 dans la capitale nationale. En Outaouais, on comptait mercredi une centaine de nouveaux cas.

Un total de 311 091 personnes ont été infectées par le virus depuis le début de la pandémie, en mars 2020, dans l’ensemble du Québec. Le nombre total de décès atteint 10 667.

Mardi, le premier ministre avait mis la table, en affirmant que cinq régions étaient «sous haute surveillance» en raison de l’explosion du nombre de cas: la capitale nationale, l’Outaouais, la Beauce, le Bas-Saint-Laurent et le Lac-Saint-Jean.

L’annonce de mercredi constitue quand même un virage à 180 degrés de la part du gouvernement, car au cours des derniers jours, on se faisait plutôt rassurant, en faisant valoir qu’au-delà de la hausse du nombre de cas il fallait tenir compte du nombre d’hospitalisations, qui lui était stable.

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