Le prochain gouvernement fédéral sera libéral et minoritaire

La Presse Canadienne prédit que ce sont les libéraux qui gagneront le plus de sièges dans cette 44e élection.

OTTAWA — Justin Trudeau ne perd pas le pouvoir, mais il perd son pari.

Il a risqué son gouvernement dans l’espoir de gagner une majorité.

23 h 15, heure de l’Est, lundi soir, La Presse Canadienne a prédit que le prochain gouvernement sera libéral et minoritaire.

Le chef libéral n’aura donc pas réussi à obtenir dans cette 44e élection au moins 170 sièges, le chiffre magique pour un gouvernement majoritaire.

Peu avant minuit, les libéraux semblaient avoir remporté la bataille du Québec.

On comptait 30 élus libéraux, dont Justin Trudeau, et 26 bloquistes, dont Yves-François Blanchet. Les libéraux étaient en tête dans cinq autres comtés, les bloquistes dans trois.

Les conservateurs avaient réussi à prendre dix comtés et étaient en avance dans deux autres. En 2019, Andrew Scheer avait convaincu les électeurs de 10 comtés québécois. Cette fois, le contrat d’Erin O’Toole ne semblait pas être sur le point de faire beaucoup mieux.

Alexandre Boulerice, seul néo-démocrate québécois à Ottawa depuis deux ans, a été réélu. Sa collègue Ruth Ellen Brosseau, qui tentait un retour à Berthier-Maskinongé, était dans une chaude lutte contre le député bloquiste sortant, Yves Perron. Quelques centaines de votes les séparaient.

La circonscription de Gaspésie-les-Îles-de-la-Madeleine, où les votes ont commencé à être comptés au Québec, n’a pas fait durer le suspense aussi longtemps qu’on aurait cru.

La libérale sortante, la ministre Diane Lebouthillier, a été la première Québécoise à être déclarée élue, battant pour la deuxième fois le candidat bloquiste Guy Bernatchez.

« On a tout mis ; on a tout donné », disait encore quelques minutes plus tôt, en entrevue téléphonique, le chef bloquiste Yves-François Blanchet, en parlant de toute sa campagne, pas seulement de ce comté où, cependant, il a investi beaucoup de temps et d’énergie pendant les cinq semaines de campagne.

Celui qui « rêvait » de 40 circonscriptions au Québec devait sûrement être déçu de la tournure des événements. Au déclenchement des élections, ils étaient 35 libéraux et 32 bloquistes au Québec.

Résultats en Atlantique

L’Atlantique est resté plutôt rouge, mais le bleu a grugé une partie de la carte des 4 provinces où, au déclenchement des élections, il y avait 27 libéraux, 4 conservateurs et 1 néo-démocrate.

Lundi soir, le Parti libéral a perdu quatre sièges aux mains des conservateurs, dont celui d’une ministre, celles des Pêches et Océans, Bernadette Jordan. Cependant, il pouvait se consoler en ayant ravi le seul comté néo-démocrate à Terre-Neuve-et-Labrador.

À 22 h 30, heure de l’Est, les libéraux avaient remporté 23 sièges en Atlantique et les conservateurs, 8. Les deux partis continuaient de se disputer le comté de Fredericton où la députée libérale sortante, Jenica Atwin, est une transfuge qui avait été élue sous les couleurs du Parti vert en 2019.

Dans ce comté, le résultat final pourrait bien devoir attendre que les votes postaux soient comptés.

Plus d’un million de Canadiens à travers le pays ont choisi de voter par la poste et leurs bulletins seront comptés à partir de mardi.

Résultats ailleurs

Plus de 2 heures après la fermeture des bureaux de scrutin en Ontario, on comptait 58 libéraux, 35 conservateurs et 5 néo-démocrates élus.

Le parti de M. Trudeau menait dans 19 autres comtés ontariens, celui de M. O’Toole dans 1 circonscription, celui de Jagmeet Singh dans 2. Le Parti vert a réussi à faire élire un candidat, dans Kitchener-Centre. La leader du parti, Annamie Paul, elle, est arrivée quatrième dans Toronto-Centre où elle a passé presque toute la campagne électorale.

Sans surprise, les conservateurs ont fait le plein de votes en Alberta et en Saskatchewan. La députée néo-démocrate d’Edmonton-Strathcona, Heather McPherson, a cependant résisté à la vague bleue encore une fois.

En Colombie-Britannique, neuf libéraux avaient été élus, huit conservateurs, cinq néo-démocrates et la députée du Parti vert Elizabeth May. La situation dans les circonscriptions où on comptait encore les votes annonçait un résultat presque nul dans cette province où les trois principaux partis se retrouveraient avec autant de sièges chacun.

Premier discours de chef

Saskatoon, Maxime Bernier battu dans sa propre circonscription de Beauce, où le député conservateur Richard Lehoux a été réélu, s’est présenté devant ses militants qui scandaient « liberté ».

« Mes amis, aujourd’hui, nous avons fait l’histoire (sic) », s’est vanté M. Bernier. « La politique canadienne ne sera plus jamais pareille », a-t-il prédit.

Le Parti populaire du Canada n’a fait élire aucun député lundi.

Attentes modestes

Dans la salle montréalaise où les militants de Justin Trudeau comptaient se réunir, le député sortant Pablo Rodriguez a, dans un point de presse de début de soirée, laissé entendre qu’il n’aurait pas de mal à se contenter d’un autre gouvernement libéral minoritaire.

« Je ne vois pas quelqu’un faire la fine bouche parce qu’il a reçu un mandat minoritaire ou majoritaire », a dit celui qui, comme leader parlementaire du gouvernement Trudeau, a eu à négocier avec les partis d’opposition, depuis 2019, son agenda législatif.

Dans le camp conservateur, on tenait aussi un discours d’humilité avant de voir les résultats de la soirée électorale.

« Le plus important pour nous, c’est qu’on devient une option viable au Québec », a offert en entrevue Marc-Olivier Fortin, directeur de la campagne des conservateurs au Québec.

Pour cette 44e élection, les Canadiens ont à élire 338 députés qui siégeront à la Chambre des communes, 78 d’entre eux pour y représenter le Québec.

Lundi soir, les libéraux avaient 155 députés à perdre, les conservateurs 119, les bloquistes 32, les néo-démocrates 24 et les verts, 2. Des six autres sièges, cinq étaient occupés par des indépendants et le sixième était vide.

Le chef libéral a déclenché ces élections, espérant en ressortir avec une majorité, comme en 2015, lui qui a dû composer avec un mandat minoritaire après l’élection d’octobre 2019.

Au Canada, 27 366 297 personnes étaient inscrites pour voter lundi. De ce nombre, 6 495 755 votaient au Québec.

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Ça nous montre comment nous sommes devenus centrés sur nos besoins régionnaux. Et nous devenons de plus en plus blasés envers nos dirigeants…ils ne réalisent pas leurs programmes! Un peu normal quand ils doivent toujours tout négocier les moindres reglements.Ex: PCU devait être 400$ mais a dû être augmenté a 500 pour plaire auNPD.
Ce serait une bonne chose un gouv. majoritaire de temps a autre…on verrait exactement ce que vaut celui-ci.

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