Le crucifix réinstallé à l’entrée de l’Hôpital du Saint-Sacrement

QUÉBEC – Le CHU de Québec a annoncé mercredi le retour du crucifix à l’entrée de l’Hôpital du Saint-Sacrement.

La direction des communications et du rayonnement du CHU de Québec-Université Laval (CHU) a dit agir à la demande du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS).

La réinstallation du crucifix était prévue en fin de journée mercredi, afin de ne pas nuire à la circulation de la clientèle, l’achalandage étant alors moins important.

Selon un communiqué publié mercredi par le CHU, le ministère considère qu’il ne s’agit pas ici de la neutralité religieuse de l’État, mais «du respect de l’histoire de l’hôpital, du caractère patrimonial religieux et surtout du respect et de la reconnaissance à avoir envers nos mères fondatrices, la communauté des Soeurs de la charité». Le ministère demande également qu’une note explicative sur le caractère historique et patrimonial du crucifix soit ajoutée. Cette note sera d’abord temporaire puis une plaque d’interprétation permanente sera installée dans les prochains mois.

Mardi, le cardinal Gérald Cyprien Lacroix avait notamment qualifié de «manque de respect» le refus du centre hospitalier universitaire de remettre en place le crucifix de l’Hôpital du Saint-Sacrement. Exprimant sa «vive déception», l’archevêque de Québec avait évoqué à mots couverts le débat sur la laïcité, estimant que le retrait du crucifix exprimait tout le contraire de la discussion publique «de tolérance, d’accueil, de respect de la différence et d’ouverture» qui a cours présentement.

De passage à Rimouski mercredi, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a affirmé que la protection du patrimoine du Québec était importante. Selon lui, la gestion de la diversité ne veut pas dire qu’il faille tourner le dos au patrimoine ou à l’histoire. Il a soutenu que ça ne dérangeait pas les gens des «autres cultures» de voir le crucifix à l’Assemblée nationale ou dans un hôpital.

Un homme de Québec âgé d’une cinquantaine d’années a par ailleurs été arrêté, mardi soir, pour avoir proféré des menaces contre la direction du CHU de Québec, dans la foulée du retrait du crucifix à l’Hôpital du Saint-Sacrement.

Selon David Poitras, agent aux communications du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), l’individu a ensuite été libéré sous une promesse de comparaître. Le dossier a été soumis au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

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1ier mars 2017

Ménager la chèvre et le chou

La direction du CHU recule et replace le crucifix. Ce n’est pas le diocèse de Québec qui a gagné cette bataille mais la population en général qui demandait aux autorités de l’hôpital de respecter le patrimoine. Ce geste insignifiant était un manque de respect envers la population et à l’égard de l’histoire de cet établissement de soins fondé en 1927 par les Sœurs de la Charité de Québec.

Nos politiciens marchaient sur des œufs dans ce dossier afin de ménager la chèvre et le chou. Questionné à ce sujet, le maire de Québec n’a pas voulu critiquer ouvertement la décision de la direction du CHU de Québec, le ministre de la santé Gaétan Barrette a mentionné que ce n’était pas de ses affaires et le ministre responsable de la région de Québec François Blais a trouvé ce geste disgratieux. Le premier ministre du Québec Philippe Couillard a été très vague en déclarant que la gestion de la diversité ne veut pas dire qu’il faille tourner le dos au patrimoine ou à l’histoire.

Cet incident démontre bien encore une fois la nécessité d’avoir une loi claire et précise concernant les demandes d’accommodements raisonnables afin d’aider les dirigeants de nos institutions à prendre la bonne décision.