Retraite du cabinet Trudeau en Ontario: l’inflation toujours une préoccupation

OTTAWA — Les difficultés liées à l’inflation et la menace d’une récession imminente sont à l’avant-scène parmi les sujets discutés lors de la retraite du cabinet du gouvernement Trudeau en Ontario.

Le premier ministre Justin Trudeau et ses ministres passeront les trois prochains jours dans un hôtel de Hamilton afin d’élaborer leur stratégie politique pour les semaines et les mois à venir.

Dans une déclaration écrite la semaine dernière, M. Trudeau a affirmé que la retraite permettra aux ministres d’examiner des façons de rendre la vie plus abordable et de «saisir de nouvelles possibilités pour les travailleurs et les entreprises du Canada».

Ce dernier arrive d’ailleurs d’une semaine de voyage à travers le pays qui a mis l’accent sur les efforts déployés par le gouvernement fédéral pour développer ses industries des batteries et des véhicules électriques, y compris l’extraction des minéraux essentiels sur lesquels ils comptent tous les deux.

Leur retraite survient alors que les Canadiens continuent de ressentir les effets de l’inflation, depuis de plus d’un an.

«Nous traversons une période difficile en ce moment», a déclaré M. Trudeau la semaine dernière lors d’un arrêt à une usine d’assemblage de Stellantis à Windsor, en Ontario.

Si la récession se concrétise, elle surviendrait après trois années d’instabilité et d’anxiété causée d’abord par la pandémie de COVID-19, puis par l’invasion russe en Ukraine et les interruptions de la chaîne d’approvisionnement liées à la pandémie. Les deux facteurs ont contribué à l’inflation et aux hausses subséquentes des taux d’intérêt pour la ralentir.

«Une grande partie du temps que le premier ministre a passé au pouvoir a été définie par la façon dont il a dû réagir à une série de crises émergentes», observe Braeden Caley, directeur exécutif du groupe de réflexion Canada 2020 et ancien directeur des communications du Parti libéral du Canada.

L’abordabilité était également une priorité lors de la dernière retraite du cabinet libéral à Vancouver en septembre dernier. Le gouvernement fédéral a offert de l’aide, y compris des hausses temporaires du remboursement de la TPS et de la prestation fédérale pour le logement des locataires. Il a également proposé une prestation pour soins dentaires pour les jeunes enfants dans le cadre de l’accord de confiance que les libéraux ont conclu avec le NPD en mars dernier.

L’énoncé économique de l’automne promettait aussi d’aider les travailleurs à revenu faible ou modeste à rajuster l’Allocation canadienne pour les travailleurs afin d’avancer l’argent chaque trimestre et de mettre fin de façon permanente aux intérêts sur les prêts étudiants fédéraux.

Carlene Variyan, vice-présidente associée de Summa Strategies et ancienne employée principale de plusieurs cabinets de ministres libéraux, a déclaré que si d’autres mesures sont proposées, elles seront semblables à celles qui ont déjà été offertes.

«Je pense que nous savons quel est le plan du gouvernement en ce qui concerne les mesures à prendre pour soutenir les Canadiens en période de ralentissement économique. Il s’agira toujours de politiques qui sont très axées sur les travailleurs et qui offrent un soutien direct aux familles plutôt que des mesures de relance», a-t-elle indiqué.

Mme Variyan s’attend à ce que la retraite soit l’occasion pour le cabinet de prendre du recul et de revoir ses priorités, un peu plus d’un an après les élections de 2021.

«Je m’attends à ce qu’ils passent pas mal de temps à Hamilton la semaine prochaine pour faire le point sur ce qu’ils ont été en mesure d’accomplir en un an et sur ce qu’ils s’attendent à accomplir pendant le reste du mandat», a-t-elle souligné.

«Les événements mondiaux ont changé beaucoup de dynamique, qu’il s’agisse du commerce ou des conditions économiques, ou évidemment de la guerre en Ukraine. Comment ces priorités ont-elles évolué ou changé?»

Justin Trudeau a passé une bonne partie de la dernière semaine à rencontrer individuellement la plupart de ses ministres pour amorcer ce processus. Il y a eu aussi de la spéculation sur si M. Trudeau choisissait de réorganiser son cabinet ministériel avant le retour de la Chambre, mais il n’y aurait pas de remaniement à ce stade.

Le cabinet doit également garder à l’esprit l’entente de confiance et d’approvisionnement du gouvernement avec le NPD. Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, a signalé la semaine dernière que la promesse d’adopter cette année un projet de loi sur l’assurance-médicaments doit être tenue pour que l’accord puisse tenir.

L’énoncé économique de l’automne mettait fortement l’accent sur les priorités financières du gouvernement pour 2023, avec la promesse que le prochain budget du printemps contiendrait plus de détails sur la façon dont le gouvernement demeurera concurrentiel par rapport aux autres administrations en matière d’investissements dans les technologies propres.

Le gouvernement Trudeau promet également une loi sur la «transition équitable» cette année. Il s’agit d’un projet de loi visant à aider les travailleurs des industries pétrolières et gazières du Canada à se recycler pour occuper de nouveaux emplois dans le domaine de l’énergie propre et renouvelable, ou d’une technologie visant à réduire les émissions des combustibles fossiles. Ce projet de loi a déjà provoqué des querelles politiques avec le gouvernement de l’Alberta, qui doit tenir des élections au printemps.

Le ministre de la Santé, Jean-Yves Duclos, fait également des progrès dans les pourparlers avec les provinces en vue d’une nouvelle entente fédérale-provinciale sur les transferts en santé. Il fera probablement le point à ce sujet auprès des ministres à Hamilton.

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