Révision en profondeur réclamée du programme d’invalidité pour vétérans

OTTAWA — Le chien de garde des vétérans au Canada réclame une révision en profondeur des compensations offertes par le gouvernement fédéral à ses soldats blessés au combat ou en service, critiquant sévèrement le régime actuel qui octroie plus de soutien financier à certains vétérans qu’à d’autres, même s’ils ont la même invalidité.

Le rapport de l’ombudsman des vétérans Craig Dalton a été publié mercredi, soit un an après la création d’un nouveau régime de pension et d’avantages sociaux pour les anciens combattants blessés, la »Pension à vie » annoncée par les libéraux.

Ce rapport fait état de plus d’une décennie de promesses politiques brisées et de colère face aux trois programmes dédiés aux vétérans qui se sont succédé au fil des ans.

La »Pension à vie » des libéraux, entrée en vigueur le 1er avril 2019, est la plus récente mouture du régime, avec des versements mensuels à vie aux vétérans qui vivent avec une invalidité attribuable à une blessure ou à une maladie liée au service. Elle succède à la Nouvelle Charte des anciens combattants de 2006, puis au programme introduit après la Première Guerre mondiale et ses paiements forfaitaires.

L’enquête de l’ombudsman a démontré qu’aucun de ces régimes n’a été plus avantageux que l’autre à l’ensemble des vétérans canadiens. Plusieurs militaires réclamaient même le retour au programme fédéral de pensions d’invalidité qui existait avant 2006, puisqu’ils estimaient qu’il accordait un plus grand soutien financier aux anciens combattants.

Le rapport de M. Dalton est très critique de la nouvelle pension fédérale d’invalidité pour les vétérans du gouvernement libéral puisqu’il offre moins de soutien financier aux soldats ayant de sévères handicaps qu’auparavant.

Le directeur parlementaire du budget (DPB) Yves Giroux était arrivé à la même conclusion l’an dernier, mais le gouvernement Trudeau ne s’est pas attardé au dossier.

Pour sa part, l’ombudsman des vétérans a constaté qu’il n’y a pas d’uniformité pour les vétérans qui souffrent des mêmes invalidités puisque les prestations varient selon la date d’inscription.

«Parce qu’il y a trois différents régimes, avec des dates d’entrée en vigueur différentes, offrants des bénéfices différents, des vétérans qui sont dans des circonstances similaires ne sont pas traités équitablement», a écrit M. Dalton.

«Ils reçoivent des prestations en fonction du régime auquel ils ont souscrit», souligne le rapport.

Avant de quitter ses fonctions d’ombudsman des vétérans vendredi, après seulement 18 mois en poste, Craig Dalton, affirme que les gouvernements fédéraux successifs ont été incapables de déterminer ce qu’il fallait pour soutenir ses vétérans vivant avec une invalidité et leur famille.

Le résultat a donc été un mélange de différents programmes, avec différents avantages sociaux, créant parfois de nouvelles lacunes en voulant en régler d’autres.

M. Dalton demande donc au gouvernement Trudeau de prendre un peu de recul pour déterminer les conditions de vie acceptables pour les vétérans canadiens ayant une invalidité avant d’aller de l’avant avec un régime équitable pour tous.