Risque de mortalité plus élevé chez les joueurs de football que de baseball

MONTRÉAL — Le risque de mortalité des joueurs de football professionnels semble plus élevé que celui des joueurs de baseball professionnels d’âge comparable, surtout en ce qui concerne les troubles neurodégénératifs et cardiaques, prévient une nouvelle étude réalisée par des chercheurs de l’Université Harvard.

L’étude ne visait toutefois pas à élucider le risque plus important constaté chez les joueurs de la NFL ou encore à jeter un nouvel éclairage sur les problèmes de santé dont souffrent ces athlètes.

«L’étude est factuelle, et c’est toujours la première étape avant d’essayer de comprendre les causes sous-jacentes à ça», a commenté le docteur Pierre Frémont, de la Faculté de médecine de l’Université Laval.

Les auteurs tirent leurs conclusions de l’analyse de plus de 3400 joueurs de la NFL et de 2700 joueurs du baseball majeur entre 1979 et 2013.

Ils ont recensé 517 décès parmi les joueurs de la NFL pendant cette période et 431 parmi les joueurs de baseball, soit une mortalité 26 pour cent plus élevée chez les joueurs de football.

De plus, le risque des joueurs de la NFL de souffrir d’un trouble neurodégénératif était près de trois fois plus élevé que celui des joueurs de baseball. Leur risque de succomber à un problème cardiaque était quant à lui 2,5 fois plus important.

Les chercheurs ont recensé 498 décès de causes cardiovasculaires chez les joueurs de football et 225 chez les joueurs de baseball. Ils ont aussi identifié 39 décès dus à des maladies neurodégénératives comme l’alzheimer et le parkinson du côté des joueurs de football, mais seulement 16 chez les joueurs de baseball.

«On a un sport (le football) qui demande énormément de développement physique en force et en puissance, et ça a des conséquences sur le système cardiovasculaire, surtout si ce n’est pas fait entièrement naturellement, a dit le docteur Frémont. Et c’est un sport qui est associé à beaucoup plus de blessures, surtout (…) à la tête.»

En plus des blessures à la tête plus fréquentes au football, les auteurs évoquent l’indice de masse corporelle souvent plus élevé des professionnels de ce sport, ce qui les rend plus vulnérables à des problèmes de santé comme l’hypertension et l’apnée du sommeil.

Le docteur Frémont fait également remarquer que cette étude s’est étirée entre 1979 et 2013, soit une période pendant laquelle on portait moins d’attention à la pratique sécuritaire du football.

«Il ne faut pas projeter dans le présent, de manière intégrale, ce genre de différence là, parce que tout ce qui est approche préventive dans les sports vise justement à travailler avec ce genre de différence là, à identifier les facteurs modifiables (…) comme la bonne gestion des commotions cérébrales», a-t-il dit.

D’autant plus, poursuit-il, qu’une littérature scientifique «incroyable (témoigne) des bénéfices de garder nos jeunes actifs par rapport à une population sédentarisée devant ses écrans».

«Donc il ne faut pas perdre de vue la nécessité d’essayer de démontrer que les sports d’équipe qui motivent nos jeunes plus que les sports individuels peuvent être sécuritaires, a ajouté le docteur Frémont. Ça justifie de continuer à chercher des explications parce que ces explications-là peuvent mener à des interventions efficaces en matière de prévention.»

Les conclusions de cette étude ont été publiées par le journal médical JAMA Network Open.

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