Robert Pichette, père du drapeau du Nouveau-Brunswick, est décédé

MONCTON, N.-B. — Robert Pichette, auteur, historien, journaliste, employé politique et père du drapeau du Nouveau-Brunswick, est décédé jeudi, à l’âge de 83 ans, des suites d’une brève lutte contre le cancer.

Le premier ministre de la province, Blaine Higgs, a rendu hommage à M. Pichette, qui a travaillé comme fonctionnaire provincial et fédéral pendant des décennies avant de se lancer dans une carrière de journaliste et d’auteur.

Le politologue Roger Ouellette, un ami personnel du défunt, a confirmé le décès survenu à Moncton trois semaines après qu’on lui eut diagnostiqué un cancer du poumon. «Ç’a été très rapide, mais il était préparé à cela», a partagé M. Ouellette, professeur à l’École des hautes études publiques de l’Université de Moncton.

Robert Pichette a joué un rôle novateur dans la création du drapeau officiel du Nouveau-Brunswick.

Le Parlement du Canada venait tout juste d’adopter le drapeau canadien, en 1965, pour remplacer le «Red Ensign» qui incluait le «Union Jack» britannique dans un coin. À l’époque, le concept de drapeaux provinciaux était relativement nouveau, mais une rumeur circulait voulant que l’opposition progressiste-conservatrice du Nouveau-Brunswick souhaitait présenter une motion visant à adopter une variante de l’ancien «Red Ensign». Un tel choix s’avérait problématique dans une province divisée entre francophones et anglophones.

Le premier ministre de l’époque, Louis Robichaud, premier Acadien à occuper cette fonction, a chargé un jeune membre de son équipe de concevoir en secret un drapeau différent avant que le débat ne soit soulevé.

Robert Pichette, qui avait suivi une formation en héraldique, créa alors un drapeau universellement accepté par la classe politique et évita le déclenchement d’un conflit comme celui qui avait marqué la création du drapeau canadien à Ottawa.

Dans une entrevue accordée à CBC, en 2015, M. Pichette s’était fait demander ce qui lui venait en tête lorsqu’il regardait le drapeau du Nouveau-Brunswick, adopté le 24 février 1965.

«Pour moi, cela signifie Nouveau-Brunswick. Ce n’est pas français. Ce n’est pas anglais. Ce n’est pas autre chose. C’est juste le Nouveau-Brunswick, et c’est bien ce que j’avais en tête», a-t-il décrit.

En plus d’avoir contribué à la création du drapeau du Nouveau-Brunswick en tant qu’adjoint politique du bureau de Louis Robichaud, il a également fait partie du comité qui a rédigé la Loi sur les langues officielles de la province, faisant du Nouveau-Brunswick la seule province officiellement bilingue du pays.

En tant que premier directeur des affaires culturelles de la province, M. Pichette a mis sa passion des arts à contribution pour créer la Banque d’œuvres d’art du Nouveau-Brunswick en 1968.

Plus tard, il a fait le saut au niveau fédéral pour devenir représentant en Atlantique du Commissaire aux langues officielles. Il a ensuite pris sa retraite de la fonction publique pour entreprendre une deuxième carrière.

Parfaitement bilingue, Robert Pichette est devenu journaliste au Telegraph-Journal au Nouveau-Brunswick, éditorialiste de L’Acadie Nouvelle et chroniqueur au Globe and Mail.

Né à Edmundston, l’homme a également publié plusieurs livres sur l’histoire acadienne et néo-brunswickoise en plus d’avoir oeuvré comme traducteur et éditeur.

«Il était très curieux, il était un grand lecteur», a souligné son ami Roger Ouellette.

Le premier ministre Blaine Higgs a rendu hommage au disparu en citant ses «réalisations remarquables» qui ont «contribué à façonner le tissu culturel et linguistique de notre province».

«Il est clair que son dévouement envers notre province était sans pareil», a ajouté M. Higgs dans un message publié sur les réseaux sociaux.

Le chef libéral Kevin Vickers a lui aussi publié un commentaire, se disant «attristé» par le décès d’un «fier Acadien et fervent Néo-Brunswickois qui a grandement contribué à sa province».

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