Robuchon mettra Montréal au niveau de Paris et Londres, selon Leitao

QUÉBEC – Le restaurant d’un grand chef français au Casino de Montréal mettra la métropole québécoise au même niveau que Londres, Paris, Tokyo et New York, a déclaré le ministre Carlos Leitao, qui s’est évertué mardi à défendre le choix de Loto-Québec contre les partis d’opposition.

Le Parti québécois (PQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ) dénoncent l’entente confidentielle estimée à plusieurs millions de dollars et attribuée sans appel d’offres, au détriment des chefs québécois qui auraient voulu postuler.

Loto-Québec a accordé le contrat à Joël Robuchon, un chef français maintes fois primé par le Guide Michelin, pour qu’il ouvre L’Atelier de Joël Robuchon, une enseigne qui a aussi pignon sur rue à Londres, Paris, Tokyo et New York.

Des médias ont rapporté que la valeur du contrat avoisinait les 11 millions $, ce que le ministre des Finances, Carlos Leitao, aussi responsable de Loto-Québec, a refusé de confirmer.

Malgré les demandes répétées des deux partis d’opposition, il a également refusé de divulguer les éléments de l’entente commerciale en arguant que le gouvernement n’a pas à s’ingérer dans la gestion quotidienne d’une société d’État, qui a toute la latitude administrative pour agir ainsi.

Qui plus est, M. Leitao s’est dit «tout à fait ravi» de l’entente stratégique qu’il a qualifiée d’«excellente» avec une marque de commerce «de renommée mondiale».

«Ça va mettre Montréal au même niveau que Londres, que Paris, que Tokyo, que New York, a-t-il dit au Salon bleu à la période de questions. C’est ça qu’ils (les partis d’opposition) ne comprennent pas.»

Le ministre a par ailleurs fait valoir que l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec (ITHQ) avait signé un accord avec le Casino de Montréal afin que ses étudiants puissent aussi apprendre auprès de Joël Robuchon.

Pour sa part, l’opposition officielle péquiste a dénoncé le fait qu’aucun chef québécois n’a pu présenter un projet. Le député de Labelle, Sylvain Pagé, a demandé au gouvernement de condamner l’entente et de la rendre publique.

«La réaction des chroniqueurs et des citoyens est unanime, tout le monde parle d’une insulte, même de mépris à l’égard des grands chefs québécois, a affirmé M. Pagé. (…) Est-ce que le ministre peut dénoncer cette entente? Va-t-il faire savoir que cette entente n’a aucun bon sens et défendre le savoir-faire québécois?»

Le leader parlementaire caquiste, François Bonnardel, a repris les mêmes demandes, en vain. En outre, il a ridiculisé les affirmations voulant que M. Robuchon puisse devenir l’émissaire de l’art culinaire québécois sur la scène internationale.

«Le chef des cuisines au Casino de Montréal, Jean-Pierre Curtat, a poussé encore l’insulte en demandant à Joël Robuchon de devenir l’ambassadeur de la cuisine québécoise dans le monde. On veut rire de nos chefs ou quoi?»

M. Leitao a tenté de minimiser la controverse soulevée par ses adversaires. «C’est ça le problème, qu’un chef de renommée planétaire fasse la promotion de la gastronomie québécoise à l’étranger? Mon Dieu! Si c’est ça, les problèmes que nous avons à gérer, ‘bring them on’!»