Roxanne Dubé tente de se remettre des événements tragiques des derniers mois

L’ancienne consule du Canada à Miami tente de se remettre tranquillement des événements tragiques des derniers mois, ponctués notamment par la mort de son fils Jean et les accusations de meurtre contre son autre fils, Marc.

Le deuil de Jean, mort à l’âge de 18 ans, s’est apaisé. Mais la culpabilité face au drame a été difficile à gérer.

«C’est un cheminement que j’ai dû faire. De faire la différence entre: « j’ai été une mauvaise mère » et « j’ai fait des erreurs comme mère »», a expliqué Roxane Dubé en entrevue avec La Presse Canadienne.

Elle considère que le «jugement précipité» des gens, qui l’accusent de négligence, s’explique notamment par de «l’ignorance», ajoutant que ces personnes ne savaient pas vraiment ce qu’elle vivait.

«Je continue de vraiment aller au fond des choses pour voir comment on est arrivé à cette situation avec Jean. Quelle est ma responsabilité, quelle est sa responsabilité, pour être un meilleur parent pour Marc?», a-t-elle ajouté.

En août dernier, Mme Dubé a démissionné de son poste de consule à Miami quelques mois après le drame. Le 30 mars 2015, en après-midi, Jean et un autre adolescent ont perdu la vie dans un échange de coup de feu. À l’extérieur, son frère Marc, 15 ans, attendait dans la voiture de sa mère.

La mère de famille, maintenant âgée de 53 ans, ne s’était pas posé de question lorsque Jean lui avait demandé de l’argent pour acheter un livre d’école et lui avait emprunté la voiture pour amener Marc au restaurant et au cinéma. Son aîné se comportait bien et elle jugeait qu’il avait droit à une récompense.

Elle lui a donc prêté sa BMW noire qui arborait une plaque d’immatriculation diplomatique. Ses fils sont plutôt allés à un appartement pour rencontrer un vendeur de cannabis. Jean avait une arme. En quelques minutes, Jean et Joshua Wright, 17 ans, sont morts et Marc a été arrêté à l’extérieur.

«Je ne savais pas que Jean pouvait transporter une arme, entrer dans un appartement pour faire du trafic de drogue et encore moins voler», a-t-elle soutenu.

Roxanne Dubé était en chemin vers son travail lorsqu’elle a appris de la police que Jean était mort et que Marc était en détention.

«J’étais en état de choc. C’est un trauma. Ce qui m’a ramenée rapidement à la réalité, c’est quand j’ai rencontré Marc à la cour (…) Et j’ai senti à quel point il était démuni, et il avait besoin de moi», s’est-elle souvenue.

Cette journée-là, la juge a permis à Mme Dubé d’étreindre son fils, qui lui répétait: «Jean est mort». «Je me souviens de lui avoir dit: « On va trouver le courage, on va trouver une façon de passer à travers ça »», a-t-elle ajouté.

Mme Dubé persiste à croire que son fils Marc était innocent quant à sa participation à un crime qui a mené à la mort de deux personnes.

«Cela étant dit, ça ne veut pas dire qu’il est innocent complètement. Il sait qu’il n’aurait pas dû être là. Il sait qu’il a des leçons à apprendre de tout ce qui s’est passé (…) Il a pris beaucoup de recul par rapport à ce qui s’est passé et a appris à mieux orienter sa vie pour éviter que ce genre de situation se reproduise», a-t-elle expliqué.

L’ex-consule se dit d’ailleurs soulagée que son fils «ait pu récupérer son avenir» en plaidant la «non-constestation» à quatre chefs d’accusation, dont deux chefs de meurtre au troisième degré. «Il est clair que les parties en cause étaient d’accord, qu’elles voulaient lui donner la chance de donner une contribution à la société», a-t-elle souligné.