Rupture de services en obstétrique au Témiscamingue

VILLE-MARIE, Qc — Les femmes enceintes du Témiscamingue devront aller accoucher ailleurs qu’à l’hôpital de Ville-Marie pour les deux prochaines semaines.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Abitibi-Témiscamingue (CISSS-AT) annonce une rupture de services en gynéco-obstétrique dans ce secteur à compter de ce mercredi 6 octobre, et jusqu’au 16 octobre prochain.

«Cette rupture survient malgré tous les efforts déployés au cours des derniers jours pour combler les besoins de main-d’œuvre pour cette unité», peut-on lire dans un communiqué émis par le CISSS-AT.

Les parturientes (femmes enceintes de 36 semaines ou plus) ont toutes été contactées, et ont reçu des instructions en cas de déclenchement du travail pour cette période.

Elles sont redirigées à New Liskeard, en Ontario, ou à Rouyn-Noranda. Dans les deux cas, on parle de 60 à 90 minutes de route. Le CISSS-AT veut se faire rassurant en indiquant qu’en cas d’urgence, une infirmière et un médecin accoucheur par quart de travail sont disponibles.

Une députée et jeune maman

La députée solidaire de Rouyn-Noranda-Témiscamingue, Émilise Lessard-Therrien, dénonce cette rupture de services. Elle a accouché elle-même de son deuxième enfant en juin dernier, et trouve inimaginable que des femmes de sa région (elle habite à Duhamel-ouest, au Témiscamingue) doivent faire une centaine de kilomètres pour donner naissance à leur enfant.

«Si ma Flora était arrivée aujourd’hui, elle serait peut-être venue au monde dans l’auto ou dans une ambulance, a-t-elle écrit sur sa page Facebook. En région éloignée, une rupture de service en natalité, c’est beaucoup de femmes qui souffrent. Des mères qui doivent passer la journée la plus stressante de leur vie loin de leur milieu de vie. Des infirmières qui tombent d’épuisement parce qu’elles sont de moins en moins nombreuses à faire le même travail.»

La réforme Barrette montrée du doigt

Mme Lessard-Therrien montre du doigt la réforme Barrette. «Depuis juin 2019, le ministre de la Santé a un rapport sur son bureau qui blâme la réforme Barrette et qui recommande de mettre en place une stratégie de développement de la main-d’œuvre à très court terme, souligne-t-elle. La seule chose qui s’est passée à très court terme, c’est une troisième rupture de service dans les unités de natalité de l’Abitibi-Témiscamingue.»

Les ruptures de service en obstétrique sont monnaie courante en Abitibi-Témiscamingue.

En avril 2019, une rupture de services dans le secteur de La Sarre avait fait grand bruit dans la région, alors que les femmes enceintes avaient dû aller accoucher à Rouyn-Noranda ou à Amos, à une centaine de kilomètres de La Sarre.

Une autre rupture en 2018 dans le même secteur avait duré deux mois. En mai 2017, l’hôpital de Ville-Marie avait également été sous les feux de la rampe, alors qu’une femme du Témiscamingue, Naika Jeannot, avait accouché devant la porte verrouillée de l’hôpital.

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