Salaire des préposés: François Legault fait sursauter les syndicats

MONTRÉAL — Les déclarations du premier ministre François Legault voulant qu’il aurait dû augmenter le salaire des préposés aux bénéficiaires «même sans l’accord des syndicats» ont fait sursauter les syndicats qui les représentent.

De la façon dont il l’a dit, c’est comme si les syndicats s’étaient opposés à ce que le salaire de leurs membres, les préposés, soit augmenté, s’est indigné en entrevue le président de la FTQ, Daniel Boyer.

Or, tant la FTQ que la CSN, qui représentent des milliers de préposés aux bénéficiaires, tant dans le public que dans le privé, réclament depuis des années que leur salaire soit rehaussé.

Encore récemment, ils ont dû négocier ferme pour que la prime versée aux préposés aux bénéficiaires en soins de longue durée ne soit pas abolie le 30 mars.

Cette prime de 180 $ par bloc de 750 heures a finalement été renouvelée pour six mois, in extremis.

Dans une résidence privée pour aînés, un préposé aux bénéficiaires gagne souvent 13 $ à 14 $ l’heure. Dans le secteur public, il gagne 20,55 $ au premier échelon et jusqu’à 22,35 $ au cinquième et dernier échelon. Les exigences de formation sont toutefois plus élevées au public.

Lors de sa conférence de presse quotidienne sur la situation de la pandémie du coronavirus, vendredi, le premier ministre Legault a dit prendre l’entière responsabilité pour la faible rémunération des préposés aux bénéficiaires, qui a entraîné une pénurie et qui cause aujourd’hui des maux de tête aux autorités dans les CHSLD (Centres d’hébergement et de soins de longue durée).

«Si c’était à refaire, il aurait fallu que j’augmente plus vite les salaires des préposés aux bénéficiaires, même sans l’accord des syndicats», a lancé le premier ministre.

«Juste pour rire»

«Dire que c’est la faute des syndicats s’il n’a pas pu augmenter le salaire des préposés… on se serait cru au Festival juste pour rire», s’est exclamé Daniel Boyer, de la FTQ.

Le premier ministre a aussi rappelé qu’«habituellement, on donne la même augmentation de salaire à tous les employés» du secteur public. C’est vrai. Sauf qu’il lui est possible de conclure des lettres d’entente prévoyant des primes particulières, lorsqu’on accuse une pénurie dans certains métiers — comme cela avait été fait pour les préposés, dans les conventions collectives 2015-2020.

«J’ai peine à croire ce que j’ai entendu ce midi. Cela fait des années que nous sonnons l’alarme quant aux conditions intenables dans le réseau de la santé et des services sociaux», s’est indigné à son tour Jeff Begley, président de la Fédération de la santé et des services sociaux, affiliée à la CSN.

M. Boyer répète qu’il ne faudra pas seulement rehausser les salaires, mais aussi «ajouter des bras», parce que les préposés ont trop de patients desquels s’occuper et trop peu de temps pour le faire.

«Pas juste les préposés»

«Il n’y a pas juste les préposés», a prévenu M. Boyer, car il manque également d’employés dans d’autres titres d’emploi, aux services alimentaires et à l’entretien.

La présidente de l’Alliance du personnel professionnel et technique dans la santé et les services sociaux (APTS), Andrée Poirier, a abondé dans le même sens, rappelant que ses techniciennes en laboratoire, travailleuses sociales et autres sont souvent oubliées.

«La pénurie ne se limite pas aux préposés. Il y en a dans les centres jeunesse et en santé mentale. La fragilisation, la vulnérabilité de notre réseau public, on les voit très bien», s’est exclamée Mme Poirier, en entrevue.

À la CSQ aussi, les propos du premier ministre ont fait sursauter.

«Les aînés et les familles sont les premiers à payer pour cette maltraitance organisationnelle qui se manifeste par le manque de personnel, l’absence de ressources ou la détérioration des conditions de travail», a déploré sa présidente, Sonia Éthier.

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De fait, il n’y a pas que la rémunération à bonifier. Il y a aussi le nombre de ‘soldates’.

Le PM rétorque que le manque de personnel ressortirait justement directement aux piètres salaires, et qu’une fois ceux-ci bonifiés, la quantité de personnel requise se verrait également réglée ‘comme automatiquement’. Loin d’être sûr.

Ce qui l’est, sûr, par ailleurs, on l’entend et r’entend, c’est qu’il n’y a pas que les préposé.e.s aux bénéficiaires oeuvrant en CHSLD dont rémunération et autres conditions de travail requièrent d’être améliorées substantiellement et significativement. Il y a celles aussi de l’ensemble des travailleurs et travailleuses du ‘social’. On sait, n’est-ce pas, que ce n’est guère mieux, par exemple, à ‘DPJ qu’en CHSLD…

Il y a eu constatation d’hécatombe en protection de l’enfance, toute fin d’avril dernier, relativement à la ‘découverte’ d’une petite fillette martyrisée; cet avril-ci, c’est eu égard à la vieillesse qu’on constate l’hécatombe à la québécoise. Un Québec qui n’«aime», donc, ni les enfants ni les âgé.e.s. Que prendrait-ce de plus, dites, pour l’illustrer de manière, à l’évidence, on ne peut plus éloquentissime et incontestablissime ?

Bref, l’Histoire seule saura dire, ultimement, si l’actuel PM aura frappé dans l’mille en s’en prenant, comme il l’a fait, au cours de la dernière semaine, coup sur coup, d’abord au Groupe Katasa*, puis aux médecins spécialistes et, enfin, aux syndicats… (indirectement). N’empêche… En attendant…

Là, pour l’immédiat, une Question se pose et continuera de le faire : Masque (‘obligatoire’ ou recommandé) pour tou.te.s ou pas ? Grosse, grosse, grosse Question.

‘Ironique’, n’est-ce pas, que ce qui ‘enflammait’ « l’opinion », l’an dernier, à pareille heure, était le fameux voile porté par quelques-unes seulement, derrière et dessus; alors qu’aujourd’hui, c’est la pertinence ou pas d’avoir à porter, tou.te.s…, quelque chose à l’avant même et au bas du visage qui ‘nourrira’ abondance de débats ‘contradictoires’ et d’effusions d’émotions, éminemment plus, encore, que de raison.

* ‘Facile’, en effet, de frapper à poings et yeux fermés, d’emblée, sur qqn, comme ça.
Ce avant même qu’enquêtes et investigations formelles n’aient été effectuées.
Car n’y en a-t-il pas d’autres CHSLD où la situation a tourné au vinaigre, plus encore ?
Et, surtout, qu’est-ce qui assure, a priori, que le CIUSSS, bras droit du gouvernement,
n’aurait été en ce cas agent… propagateur, aggravant, de la situation, plutôt qu’y palliant
?

Bonjour,

En premier( et depuis longtemps) il aurait fallu rendre décentes les rémunération des équipes
( tout le monde ), augmenter le nombre des intervenants et adapter les conditions de travail
en cessant les TSO d’un étage à l’autre ou d’un établissement à l’autre..au petit bonheur.

Et puis il faut des moyens matériels, revoir l’architecture des unités. En finir avec une salle de bains
pour 2 ou 3 chambres ( pareil à l’hôpital )

Se poser la question : Est-ce que l’enfermement des « Vieux » dans des casernes est la meilleure solution ?
On sait déjà que c’est la plus dispendieuse et la moins humaine.
On voit que c’est la moins sécure ( Et n’accusons pas les soignants..)

Ce sont les Vieux et leurs Soignants qui sont les victimes et les vecteurs de cette infection.
Cette population ne voyage pas beaucoup en particulier en Chine.

» Les Vieux crient AU SECOURS « . Ça ne vous rappelle rien? Je suis un Vieux.
Salut
Serge Thoméré

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