Salaires en 2021: beaucoup de gels et déjà une santé mentale détériorée

MONTRÉAL — Encore en pleine période d’incertitude, les employeurs du Québec qui prévoient augmenter les salaires de leurs employés, en 2021, pensent accorder des hausses de 2,6 %. Mais un pourcentage significatif prévoit imposer un gel.

C’est ce qui ressort de plusieurs consultations menées par des firmes spécialisées en la matière, et qui ont été présentées, vendredi, lors d’un colloque virtuel organisé par le Conseil du patronat du Québec.

Environ 20 % à 40 % de ces employeurs, selon la firme qui a mené une consultation et le mois où elle l’a menée, prévoient imposer un gel de leur enveloppe salariale en 2021.

«Vingt pour cent, quarante pour cent, dépendamment des enquêtes, c’est un grand nombre par rapport à ce qu’on voit d’habitude. Ça fait un peu plus que 10 ans que moi-même je participe à cet événement au CPQ et c’est la première fois que je vois ce pourcentage», a admis Norma Kozhaya, économiste en chef au Conseil du patronat.

Quand on inclut les gels de salaires dans l’ensemble des intentions des employeurs, les augmentations de salaire prévues en 2021 tombent à 2,2 %.

Détérioration de la santé mentale

Ces consultations ont fait ressortir, sans surprise, beaucoup d’incertitude, voire d’instabilité de la part des employeurs et, en conséquence, un besoin de prudence pour 2021.

Pour ce qui est des travailleurs, Bernard Blais, de la firme Morneau Shepell, a souligné que l’indice global de santé mentale des travailleurs canadiens a démontré un affaiblissement certain de celle-ci.

«Quand on compare les années pré-COVID et les mois COVID, en commençant d’avril jusqu’au mois d’août, on note très clairement une détérioration significative des travailleurs canadiens en termes de santé mentale. On note une présence des symptômes dépressifs, d’anxiété et un pessimisme», a-t-il rapporté.

La détérioration est telle que «les scores généraux, maintenant, sont les scores qu’étaient les gens vulnérables avant la pandémie», a illustré M. Blais.

Depuis le mois d’avril, «l’indice de santé mentale s’est amélioré légèrement de mois en mois. C’est un peu moins pire avec nos résultats du mois d’août. Par contre, ça demeure vraiment au-delà de ce que c’était avant la COVID. Pour utiliser les termes qu’on entend depuis le mois de mars — avec la courbe des hospitalisations, des nouveaux cas et des décès — la courbe de santé mentale n’est absolument pas aplatie», a illustré M. Blais.

Les quatre catégories les plus touchées par la crise sont: les jeunes travailleurs, les travailleuses, les travailleurs avec enfant et les travailleurs qui n’avaient pas de fonds d’urgence pour faire face aux imprévus.

Interrogé sur la reprise, M. Blais a admis qu’il s’attendait à ce que ces problèmes de santé mentale des travailleurs puissent constituer un frein. «C’est un élément qu’il faut prendre en considération. Ça peut être un frein. C’est connu que les symptômes durent plus longtemps que la problématique», a-t-il affirmé.

Le président et chef de la direction du CPQ, Karl Blackburn, assure que «cet élément fait partie des préoccupations des gouvernements fédéral et provinciaux».

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