Santé : action d’éclat du syndicat devant les bureaux de la députée d’Abitibi-Ouest

AMOS, Qc — AMOS- Une quinzaine de représentants du syndicat des professionnels de la santé en Abitibi-Témiscamingue (FIQ-SISSAT) ont tenu une action d’éclat mardi matin à Amos. Le syndicat, qui représente les infirmières, infirmières auxiliaires et d’autres professionnelles des soins en Abitibi-Témiscamingue, a tenu un procès symbolique pour dénoncer «l’inaction» de la députée caquiste Suzanne Blais dans le dossier.

«Nous sommes d’autant plus déçus de l’inaction de Mme Blais, qu’elle est infirmière auxiliaire de profession, a déclaré le président du syndicat, Jean-Sébastien Blais. S’il y a une députée qui devrait connaître notre réalité, c’est bien elle. Pourtant, elle n’a rien fait pour nous aider à trouver une solution à la crise qui prévaut dans notre région.»

Neuf «chefs d’accusation» symboliques

Infirmier dans le secteur d’Amos, Alexandre Veilleux a revêtu la perruque et la toge de juge (ainsi que le masque, COVID oblige) pour porter neuf chefs d’accusation symboliques envers la députée caquiste. Parmi les «chefs d’accusation», on compte son inaction afin de réduire le temps supplémentaire obligatoire, avoir omis de représenter adéquatement les professionnels de la santé à l’Assemblée nationale, et surtout d’avoir fermé les yeux sur la situation en particulier dans son propre comté, où cette année, selon le syndicat, 35% des heures travaillées en soins infirmiers l’ont été par des agences privées.

«Ces agences viennent non seulement abaisser la qualité des soins, mais elles viennent aussi abaisser la qualité des conditions de travail de nos membres, déplore Jean-Sébastien Blais. Les infirmières des agences obtiennent de meilleurs salaires, et on leur offre les meilleurs horaires de travail. Pas étonnant que l’on constate un exode vers le privé. C’est inconcevable que l’on voie dans un hôpital la même infirmière le vendredi à l’emploi du système de santé, et qu’on la revoie le lundi au même endroit, mais comme membre d’une agence.»

Au vu des chefs d’accusation, le «juge» Veilleux et les membres de l’auditoire ont prononcé le verdict : «Coupable!» ont-ils scandé à neuf reprises. «Compte tenu de la gravité des accusations auxquelles elle fait face, je condamne Mme Blais à ne plus pouvoir se représenter à la prochaine élection et à céder son siège à quelqu’un qui voudra faire partie de la solution!» a enchaîné Alexandre Veilleux.

Une députée «déconnectée», selon le FIQ-SISSAT

En marge de la manifestation, les représentants syndicaux ont croisé Suzanne Blais, qui travaillait à son bureau de comté pour la journée. «Elle nous a dit qu’elle n’était pas au courant de la situation et elle a refusé de nous rencontrer, affirme Jean-Sébastien Blais. Cette députée est complètement déconnectée de sa région, elle qui pourtant siège à la Commission parlementaire de la santé et des services sociaux.»

Le syndicat FIQ-SISSAT demeure également sceptique face aux paroles rassurantes de la présidente-directrice générale du Centre intégré de santé et de services sociaux de la région, Caroline Roy. Lors du dernier point de presse du CISSS-AT, jeudi dernier, Mme Roy a indiqué être à la recherche de solutions durables pour ne plus avoir à vivre le délestage des infirmières que le réseau a vécu ces dernières semaines. 

«Elle annonce qu’elle veut mieux déployer les services dans le réseau, mais pour nous, cela risque de signifier moins de services, indique le président du syndicat. Le déficit de 40 M$ annoncé en janvier provient directement de l’utilisation des agences, tout le monde le sait.»

D’autres actions d’éclat sont à prévoir, affirme le syndicat, qui avait tenu une manifestation à Rouyn-Noranda il y a deux semaines. «Nous serons des pestes, avertit Jean-Sébastien Blais. Nous ne lâcherons pas pour nos membres et pour les usagers du réseau dans les cinq MRC de la région, pour assurer des soins de qualité.»

Réaction de Suzanne Blais

La députée Suzanne Blais n’a pas accordé d’entrevue à La Presse Canadienne, mais elle a fait parvenir une déclaration écrite, dans laquelle elle dit «comprendre la réalité des infirmières».  «Je tiens à assurer mes concitoyens qu’en tant que députée, je travaille pour qu’on puisse attirer du personnel soignant dans notre région pour être encore plus en mesure d’offrir des soins sécuritaires à la population.  J’ai travaillé dans le milieu hospitalier pendant près de 20 ans, je comprends la réalité des infirmières et je les remercie pour leur travail auprès des patients, particulièrement dans le contexte difficile que nous vivons avec la COVID-19.»

«Notre gouvernement réitère son engagement à réduire la charge de travail du personnel infirmier, ajoute-t-elle.  L’entente de principe dont nous avons convenu avec la FIQ prévoit l’ajout d’infirmières et des mesures incitatives au temps complet, pour avoir plus de personnel disponible.  Nous allons également travailler conjointement avec les syndicats pour réduire le recours aux agences de placement de personnel.»

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