Santé Canada interdira six «ingrédients» du fentanyl

VANCOUVER – Santé Canada compte restreindre six produits chimiques utilisés dans la production du fentanyl, afin de lutter contre la «crise nationale des opioïdes».

La ministre fédérale de la Santé, Jane Philpott, a indiqué mercredi que cette interdiction permettrait d’atteindre rapidement l’objectif du projet de loi du sénateur Vern White: rendre illégales l’importation et l’exportation non autorisées de ces six produits chimiques qui servent à la fabrication du dangereux opioïde.

La ministre Philpott a aussi indiqué qu’elle prévoit toujours la tenue, cet automne, d’un sommet sur un phénomène que le gouvernement fédéral qualifie maintenant de «crise nationale des opioïdes».

Cette crise a pris des allures dramatiques en Colombie-Britannique, où le coroner a recensé 433 décès apparemment liés à une surdose de drogue illicite entre le 1er janvier et le 31 juillet. Plus de 62 pour cent de ces décès sont liés au fentanyl, indique-t-on.

Les autorités sanitaires et policières de cette province ont profité de la Journée internationale de sensibilisation aux surdoses, mercredi, pour annoncer la première phase d’un programme destiné à contrer le phénomène. Ils ont annoncé notamment un nouveau service de dépistage pour assurer les usagers que leur drogue ne contient pas de contaminants potentiellement mortels comme le fentanyl.

Le nouveau programme est entre autres offert au site d’injection supervisée Insite, de Vancouver; or, 86 pour cent des échantillons analysés jusqu’ici contenaient du fentanyl, indiquent des responsables de la santé publique.

À Montréal, l’Association québécoise pour la promotion de la santé des personnes utilisatrices de drogues devait tenir en fin d’après-midi mercredi un rassemblement de sensibilisation, à la place Émilie-Gamelin. Selon l’association, le taux de mortalité lié aux surdoses a doublé au Québec entre 2000 et 2009. Entre 2000 et 2012, on aurait enregistré 1775 décès liés aux surdoses, estime-t-on.

Or, la situation aurait empiré depuis, «avec la hausse de la consommation d’opioïdes, dont l’héroïne mais aussi des médicaments et des substances synthétiques telles que le fentanyl», déplore l’association québécoise.