Santé: l’APTS va consulter ses 60 000 membres sur un mandat de grève

MONTRÉAL — L’APTS va consulter ses 60 000 membres dans la santé et les services sociaux sur un mandat de grève d’«au plus 10 jours», à être exercé au moment opportun.

L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) représente des techniciennes en laboratoire, en imagerie médicale, des travailleuses sociales, des psychologues et autres, qui travaillent tant dans les hôpitaux que les centres jeunesse.

Ce sont ses membres qui font l’analyse des tests dans les laboratoires, donc des tests pour la COVID-19, et qui prennent les radiographies des poumons, par exemple.

«Si nos gens n’analysent pas les tests COVID, bien la Santé publique n’a pas de chiffres pour mettre les gens en zone rouge, en zone jaune, puis pour ajuster la stratégie de vaccination», a prévenu en entrevue Emmanuel Breton, premier vice-président à l’APTS.

Les assemblées générales pour consulter les membres se tiendront à compter du 29 mars, lorsque la médiation sera terminée. Le résultat des votes devrait être connu à la mi-mai, a précisé M. Breton.

Le mandat de grève sur lequel seront consultés les 60 000 membres porte sur «au plus 10 jours» de grève. L’organisation syndicale n’a pas encore décidé quelle forme cela prendrait: journées consécutives ou pas, demi-journées ou autres.

L’APTS, un syndicat composé de professionnelles et de techniciennes, est pourtant un syndicat de tradition modérée. La tenue de ce vote, qui survient avant celui d’autres syndicats dans la santé, surprend donc.

«Ça démontre à quel point nos gens sont tannés. Quand on écrase le citron chez quelqu’un, un moment donné, il n’y en a plus de jus. Un moment donné, nos gens sont vraiment à bout. Et ils s’enlignent vraiment pour démontrer leur détermination et leur frustration au gouvernement Legault», justifie M. Breton. 

Pas de prime COVID

Ses membres sont d’autant plus frustrés qu’ils ne touchent pas la prime COVID, comme les infirmières et les préposés aux bénéficiaires, même s’ils manipulent les échantillons en laboratoire, par exemple

«La personne qui traite les échantillons en laboratoire, elle est aussi à risque que celle qui prend soin du patient au chevet. Nos technologues en imagerie médicale, ces gens-là touchent au patient pour prendre des radiographies de leurs poumons. Et ces gens-là n’ont pas le droit à ces primes-là. C’est d’une incohérence absolue! Ils sont au même risque que les gens avec qui ils travaillent dans leur équipe et ils sont traités de façon différente», s’indigne M. Breton.

Si une grève venait effectivement à être déclenchée, les services essentiels devraient être maintenus. La loi ayant été modifiée, le pourcentage de services essentiels à maintenir varie selon l’unité de soins, le service.

M. Breton affirme que les négociations en vue du renouvellement des conventions collectives avec Québec piétinent. Depuis un an, «il y a eu des avancées, mais sur des peccadilles». La surcharge de travail pose particulièrement problème.

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