Scandale Facebook: Zuckerberg admet que son entreprise a failli à la tâche

WASHINGTON, Canada — Le grand patron de Facebook, Mark Zuckerberg, a semblé exprimer des regrets dans les remarques qu’il a préparées en vue de son témoignage devant le Congrès américain, et il a admis que son entreprise n’en avait pas assez fait pour éviter que la plateforme ne soit utilisée à mauvais escient.

Le comité de l’Énergie et du Commerce de la Chambre des représentants a rendu public le témoignage d’ouverture de M. Zuckerberg, qui rencontrait en privé les élus, lundi, avant son premier témoignage au capitole.

Le président et directeur général de Facebook comparaîtra devant le Sénat mardi et devant la Chambre mercredi, pour s’exprimer sur le scandale provoqué par l’utilisation non autorisée des données personnelles d’utilisateurs du réseau social.

Il devrait aussi se faire poser des questions sur l’utilisation de Facebook par la Russie lors de l’élection américaine de 2016.

Dans ses notes préparées, M. Zuckerberg a reconnu que l’entreprise avait la responsabilité de s’assurer qu’un tel scandale ne se reproduise pas.

Il a admis que Facebook aurait dû en faire plus pour protéger la vie privée des utilisateurs et pour contrer «les fausses nouvelles, l’ingérence étrangère dans les élections et les discours haineux».

«C’était mon erreur, et j’en suis désolé. J’ai lancé Facebook, je le dirige, et je suis responsable de ce qui arrive ici», a-t-il déclaré.

Le réseau social traverse la plus grande crise de son histoire depuis qu’il a été révélé que Cambridge Analytica — une firme de données affiliée à l’équipe de Donald Trump — avait utilisé les données personnelles de 87 millions d’utilisateurs, dont 622 161 Canadiens, pour tenter d’influencer les élections. 

«Nous faisons face à un nombre important d’enjeux sur la vie privée, la sécurité et la démocratie, et vous aurez avec raison des questions difficiles pour moi», a-t-il ajouté.

En plus de s’excuser dans son témoignage, ce qu’il a fait déjà plusieurs fois, l’homme d’affaires a énoncé les mesures prises par son entreprise pour restreindre l’accès aux informations personnelles des utilisateurs. Facebook est en ce moment en train d’examiner toutes les applications qui avaient accès à plusieurs informations avant que le réseau social intervienne en 2014 pour interdire cet accès — ce qui est arrivé trop tard dans le cas de Cambridge Analytica.

Dans ses notes, Mark Zuckerberg indique par ailleurs que jusqu’à 146 millions d’utilisateurs pourraient avoir reçu des informations d’une agence russe accusée de s’être ingérée dans l’élection présidentielle américaine. Facebook a trouvé environ 470 comptes et pages qui seraient liés à l’Internet Research Agency, établie à Saint-Pétersbourg, qui a généré environ 80 000 messages pendant une période de deux ans.