Scheer promet de créer un corridor énergétique d’un océan à l’autre

Il n’a pas fallu 24 heures pour que la lutte aux réchauffements climatique retombent dans les oubliettes… électorales.

Le chef conservateur Andrew Scheer a même promis samedi de créer un corridor énergétique d’un océan à l’autre, une annonce qui semble jeter un défi aux centaines de milliers de manifestants qui s’étaient rassemblés la veille partout au pays pour dénoncer les changements climatiques.

À Montréal seulement, la manifestation a attiré entre 300 000 et 500 000 personnes, du jamais vu dans l’histoire de la métropole québécoise.

Andrew Scheer était de passage dans des terres plus hospitalières, à Edmonton, pour faire entendre son message.

Selon lui, même les Québécois y trouveraient leur compte puisque ce corridor permettrait de transporter non seulement du pétrole et du gaz naturel d’un bout à l’autre du pays, mais aussi de l’électricité. Il pourrait également servir pour les télécommunications.

Si les éléments de ce plan restent à préciser, les conservateurs ont décrit la démarche qu’ils comptent adopter. Ainsi, un groupe d’experts sera formé. Son rôle sera de formuler, dans un délai de six mois, des recommandations sur la façon de procéder. Le gouvernement collaborera ensuite avec les provinces et les peuples autochtones pour créer ce lien transnational qualifié de «vital».

Dans le communiqué de presse accompagnant l’annonce, les conservateurs soulignent aussi que «l’industrie n’aura pas à soumettre des propositions complexes pour chaque nouveau projet».

M. Scheer défend son projet de corridor en affirmant que celui-ci «minimisera l’impact environnemental» des projets énergétiques et «réduira le coût des évaluations environnementales sans sacrifier la qualité».

Un CRTC québécois

De son côté, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, dit souhaiter la création d’un «CRTC, version québécoise».

De passage à Baie-Saint-Paul, dans Charlevoix, il a proposé la tenue d’états généraux sur l’avenir des médias, où le Québec pourrait réclamer au gouvernement fédéral de lui céder ses pouvoirs en matière de télécommunications et de radiodiffusion.

«Il n’existe fondamentalement rien de plus important pour une nation que sa langue, son histoire, ses arts, sa culture, son identité, ses valeurs, ce qu’elle est, a fait valoir M. Blanchet, en point de presse samedi. Même si au gré des décennies et des siècles, malgré nos différends, nous sommes amis avec la nation canadienne. Il reste que la dernière personne à qui tu confies ton identité, c’est celui qui t’a conquis.» 

M. Blanchet estime qu’un conseil québécois de la radiodiffusion et des télécommunications constituerait un «outil réglementaire fondamental pour être capable d’encadrer le développement, la pérennité de nos arts et culture», notamment par la réglementation d’internet.

«On est pas mal plus en confiance si c’est fait par une institution québécoise que par une institution canadienne qui n’en a pas la sensibilité», a-t-il soulevé, en citant en exemple l’établissement de quotas de contenu francophone.

Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh et celle du Parti vert Elizabeth May mènent campagne en Colombie-Britannique tandis que Maxime Bernier, du Parti populaire du Canada, sillonne sa circonscription de Beauce. Quant au libéral Justin Trudeau, il a pris une pause pour un deuxième samedi d’affilée.

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