Scott Brison souhaite intervenir au procès du vice-amiral Mark Norman

OTTAWA — L’ancien ministre libéral Scott Brison rejette catégoriquement les allégations «tout à fait fausses» selon lesquelles il aurait décidé de réévaluer la pertinence d’un contrat octroyé à la Davie par fidélité au chantier Irving, dans sa province.

Cette affaire est au coeur de la procédure criminelle intentée contre le vice-amiral Mark Norman, accusé d’avoir divulgué des secrets du cabinet au chantier naval de Lévis dans le but de sauver le contrat de conversion d’un porte-conteneurs civil en navire de soutien temporaire pour la Marine. Le contrat de 700 millions $, conclu par le précédent gouvernement conservateur, était réévalué à la fin de 2015 par les libéraux nouvellement élus.

Les commentaires de M. Brison sont contenus dans un document judiciaire où l’ex-président du Conseil du Trésor, qui a récemment démissionné, demande à la cour de pouvoir intervenir au procès de M. Norman, accusé d’abus de confiance.

Le vice-amiral Norman a été suspendu de ses fonctions de commandant adjoint de l’armée et de commandant de la Marine en janvier 2017, puis accusé en mars dernier; il nie tout acte répréhensible. Son procès, politiquement chargé, doit s’ouvrir en août — il se déroulera donc en pleine campagne électorale fédérale.

Quelques semaines avant l’approbation finale du contrat par le nouveau gouvernement libéral, M. Brison a soulevé des questions au cabinet et demandé instamment qu’il soit suspendu en attendant un réexamen. Les avocats de M. Norman ont laissé entendre que M. Brison, qui a été député fédéral en Nouvelle-Écosse pendant 21 ans, agissait alors pour le compte d’Irving Shipbuilding, de Halifax, qui était aussi sur les rangs pour un nouveau navire de soutien temporaire. La défense a déposé devant le tribunal plusieurs déclarations de témoins selon lesquelles le ministre Brison était très proche d’Irving.

Dans sa requête pour témoigner au procès, M. Brison explique que «ce commentaire péjoratif (…) et d’autres de ce genre suggèrent que (le ministre) a pris sa décision de revoir le contrat d’approvisionnement des navires de ravitaillement sur l’ordre d’Irving».Or, plaide-t-il, «de telles allégations sont tout à fait fausses». 

La requête précise ensuite que le ministre agissait dans le cadre de son rôle de président du Conseil du Trésor, rôle qui l’oblige «à passer en revue le processus d’approvisionnement des importants contrats de défense».

«Il aurait été étrange que M. Brison et le Conseil du Trésor n’aient pris aucune mesure pour examiner cette importante acquisition», précise-t-on.

Les avocats de M. Brison étaient présents mardi lors de la reprise de l’audience préliminaire au procès de M. Norman, après une pause d’un mois. On ne saura pas avant mercredi si l’ex-ministre pourra faire des représentations dans cette cause.