Second débat démocrate: Joe Biden et Bernie Sanders seront à surveiller

WASHINGTON — Même scène. Mêmes règles. Mais le second débat démocrate présentera cette fois-ci les meneurs de la course à l’investiture.

Ce sera la première fois, jeudi soir, que les candidats les plus populaires croiseront le fer pour déterminer lequel d’entre eux est le mieux positionné pour déloger le président Donald Trump en 2020.

Il faudra surveiller l’ancien vice-président Joe Biden, qui est en ce moment premier dans les sondages; mais celui qui le suit de près, le sénateur Bernie Sanders, risque de vouloir tirer son épingle du jeu. Pete Buttigieg, maire de South Bend, en Indiana, pourrait aussi s’illustrer, tout comme la sénatrice Kamala Harris.

Pour les dix candidats, l’objectif sera de se présenter comme la meilleure alternative à Donald Trump durant cette joute de deux heures.

Le débat, qui aura lieu à Miami, sera diffusé à compter de 21 h sur les réseaux NBC, MSNBC et Telemundo.

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Biden contre Sanders

Dix candidats seront sur la scène, mais deux d’entre eux représenteront la spectaculaire division au sein du Parti démocrate.

Bernie Sanders, sénateur du Vermont et «démocrate socialiste», tente de pousser vers la gauche le parti qui, selon lui, doit s’inspirer de la base progressiste qui avait propulsé sa candidature en 2016. Plusieurs de ses opposants ont tendu l’oreille, et ont appuyé notamment sa proposition d’adopter un système de santé universel.

Joe Biden, de son côté, a résisté à ce mouvement vers la gauche. Il nomme rarement Bernie Sanders, mais il ridiculise l’idée que pour avoir l’image d’un progressiste, il faut prôner le socialisme. Selon lui, en adoptant ce virage, le parti va s’éloigner des électeurs de la classe ouvrière habituellement démocrates qui ont voté pour Donald Trump en 2016.

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Harris et Gillibrand

Les autres candidats ne se laisseront pas effacer pour autant par ces vedettes. Pour les sénatrices Kamala Harris et Kirsten Gillibrand, ce débat est une occasion de se distinguer dans la masse des candidats.

Mme Harris a utilisé sa tribune au Capitole pour montrer ses talents de procureure, notamment lors de son interrogatoire serré avec le procureur général William Barr. Mais elle a eu de la difficulté à apporter une touche plus personnelle à sa candidature. Elle a tenté de parler un peu plus de sa vie récemment lorsqu’elle s’est confiée sur sa mère confrontée au racisme. Fera-t-elle de même jeudi soir?

Pour Mme Gillibrand, c’est le moment de vérité. Jusqu’à maintenant, elle a eu de la difficulté à se démarquer dans les sondages et le financement. Cette féministe acharnée tente de rallier les femmes à sa campagne.

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Le moment de «Mayor Pete»

Pete Buttigieg est une vedette du Parti démocrate depuis des mois. Le maire de la ville de South Bend, ouvertement homosexuel, vétéran de l’armée et formé à Harvard, est perçu comme un candidat potentiellement intéressant contre Donald Trump.

Mais le politicien de 37 ans sera confronté jeudi soir à des questions délicates: les enjeux raciaux et le travail de la police.

M. Buttigieg a été critiqué chez lui pour la façon dont il a géré le meurtre d’un homme noir par la police. Il devra probablement répondre à des questions sur sa gestion de ce service de police largement formé d’employés blancs.

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Santé et immigration

La santé est l’un des sujets qui a divisé les démocrates lors du premier débat, alors que seulement la sénatrice Elizabeth Warren et le maire de New York Bill de Blasio ont dit qu’ils étaient en faveur de l’abolition des assurances privées. Cette division risque d’être toujours palpable, jeudi soir, surtout entre MM. Sanders et Biden.

Par ailleurs, la photo poignante d’un père salvadorien et de sa fille noyés sur la rive du Rio Grande a monopolisé les débats sur la crise migratoire cette semaine. Il faudra voir si les démocrates offrent des propositions concrètes sur le sujet, au-delà des critiques à l’égard de l’administration Trump.

M. Biden a dévoilé une partie de son plan en immigration lundi, proposant notamment que le Congrès accorde immédiatement la citoyenneté à plus de 800 000 résidents des États-Unis qui avaient été emmenés illégalement au pays lorsqu’ils étaient enfants.