Secteur public: le front commun consulte ses membres et les attentes sont grandes

MONTRÉAL — Le front commun intersyndical du secteur public s’affaire en septembre à tenir des centaines d’assemblées générales de ses membres. Il déposera ses demandes à Québec avant la fin d’octobre, en vue du renouvellement des conventions collectives touchant un demi-million d’employés de l’État.

Cette négociation se déroulera alors qu’il manque d’infirmières, d’enseignants et d’employés dans différents services publics.

Qui plus est, l’inflation vient s’ajouter aux défis qui marqueront cette négociation, puisqu’elle a stimulé l’appétit des syndiqués.

Après les augmentations de 2 % par année lors des dernières négociations — qui incluaient toutefois des augmentations plus élevées pour les bas salariés et les salaires d’entrée — l’appétit est grand chez les syndiqués du secteur public, qui ont vu leurs collègues du secteur privé obtenir des augmentations plus généreuses depuis.

En entrevue avec La Presse Canadienne vendredi, les trois présidents de la CSN, de la CSQ et de la FTQ se sont montrés confiants en ce sens qu’ils consultent leurs membres sur les mêmes bases, cette fois-ci.

La dernière fois, les négociations avaient été éclatées, les demandes de chacun disparates — parfois énoncées en dollars d’augmentation désirée, parfois en pourcentages d’augmentation — ce qui fait que les discussions, en pleine pandémie, s’étaient éternisées.

On manque de monde

Les trois présidents fondent aussi leurs espoirs sur le fait que le gouvernement est conscient du fait qu’il manque de personnel et qu’il faudra bien trouver des moyens non seulement d’attirer, mais aussi de retenir les travailleurs dans les réseaux publics.

«Le défi qu’on a, syndicats et gouvernement, c’est de faire en sorte qu’il y a du monde qui va travailler dans les services publics», a résumé Caroline Senneville, présidente de la CSN.

Et si les syndiqués du secteur public s’attendent à avoir des augmentations qui suivent l’inflation? «Si c’est ce qu’ils veulent, il faudra qu’ils se mobilisent» en conséquence, prévient-elle.

Éric Gingras, président de la CSQ, renchérit: «l’appétit est là, parce que les gens se disent: si, quand il y a une récession, je n’ai pas le droit d’être augmenté, puis quand il y a un déficit, je n’ai pas le droit d’être augmenté, puis quand il y a de l’inflation, je n’ai pas le droit d’être augmenté non plus, parce que hey, ça ne va pas aider l’inflation… Alors quand est-ce que tu peux être augmenté?»

Daniel Boyer, président de la FTQ, s’inquiète particulièrement de tous ces jeunes qui ont quitté le secteur public ou qui n’y restent que deux, trois, quatre ans, parce qu’ils trouvent plus intéressant ailleurs au plan professionnel. 

«Des infirmières, des préposés aux bénéficiaires, des enseignants et d’autres titres d’emploi. Ça c’est la relève qu’on souhaite pour les 10, 15, 20 prochaines années et elle n’est plus là. Ça, c’est inquiétant», lance M. Boyer.

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