Secteur public: un an depuis l’échéance des conventions; les syndicats manifestent

MONTRÉAL — Un an après l’échéance des conventions collectives du secteur public, et alors que Québec vient de convoquer les principales organisations syndicales à une rencontre, mardi, celles-ci préparent plusieurs gestes d’éclat étalés sur quelques jours.

Le tout doit culminer par deux grandes manifestations intersyndicales, mercredi.

Entre-temps, des organisations syndicales ont fait savoir, vendredi, que certaines d’entre elles avaient été convoquées à une rencontre avec la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, ce mardi soir.

Les dirigeants de la CSQ, de la CSN, de la FTQ, de la FIQ, de l’APTS et de la FAE ont été convoqués.

Cette invitation survient un an après l’échéance des conventions collectives qui concernent un demi-million d’employés de l’État, le 31 mars 2020. Depuis, les syndicats rapportent peu, voire pas de progrès.

Et la pression commence à monter, avec des votes de grève çà et là. La rencontre de mardi soir prochain arrive donc à point nommé..

Pour marquer cet «anniversaire», huit grands syndicats et centrales du secteur public manifesteront ensemble, le 31 mars, à Montréal et à Québec. Malgré l’absence de front commun intersyndical cette fois-ci, la CSQ, la CSN, la FTQ, la FIQ, l’APTS, le SPGQ, la FAE et le SFPQ seront réunis pour déplorer le surplace de leur négociation.

Avant ces grandes manifestations intersyndicales du 31, la FTQ par exemple a prévu des convois automobiles qui convergeront vers Québec, le 30, et des visites à quelques ministres pour les interpeller, le 29. Le tout en respectant les consignes sanitaires.

C’est le gouvernement qui, en mars 2020, avait convoqué les organisations syndicales à Québec pour leur proposer de mener une négociation accélérée, pour pouvoir ensuite concentrer ses énergies sur la gestion de la pandémie.

Certaines s’y sont prêtées de bonne grâce, d’autres en se faisant tirer l’oreille.

«Nous, on a répondu oui. Maintenant, il ne s’est absolument rien passé, ou à peu près, aux tables de négociations depuis le 15 mars 2020. Et ça, je trouve ça très dommage. Si monsieur Legault avait voulu qu’on signe le 15 mars 2020 la proposition qu’il nous avait faite en décembre 2019, il aurait fallu qu’on nous le dise. Parce que ce n’est pas ça qu’on nous a proposé; on nous a proposé de négocier», s’est insurgé le président de la FTQ, Daniel Boyer, en entrevue.

Québec offre 1,75 % avec un montant forfaitaire de 1000 $  pour la première année, 1,75 % avec un montant forfaitaire de 600 $ pour la deuxième année et 1,5 % pour la dernière année. Il faudra voir si ces offres seront bonifiées mardi soir prochain.

Jusqu’ici, «jamais le gouvernement n’a bougé de son cadre financier initial. Et il n’y a à peu près pas de discussions non plus. C’est silence radio depuis des mois de la part du gouvernement», relatait M. Boyer à la fin de la semaine.

Il souligne que les économistes évoquent de plus en plus une poussée inflationniste, ce qui fait que ces offres d’augmentations de salaire seront encore moins à propos.

Le secteur public éprouve pourtant des problèmes d’attraction de main-d’oeuvre et de rétention. Qu’on pense aux infirmières, aux enseignants, aux professionnels de l’éducation, aux travailleuses dans les centres jeunesse. Les ouvriers spécialisés aussi sont bien moins rémunérés dans le secteur public que dans le secteur privé.

Mandats de grève

À l’heure actuelle, les mandats de grève qui ont été obtenus par certaines organisations, comme la CSQ, se limitent au secteur de l’éducation. Mais l’APTS, dont les membres oeuvrent dans la santé et les services sociaux, consultera bientôt ses membres sur un mandat de grève de 10 jours.

La FTQ jongle avec l’idée. «On s’interroge si on n’ira pas chercher des mandats de grève dans le secteur de la santé. On a beau être en pandémie là… On ne cherche pas à aller en grève; c’est la dernière affaire qu’on veut faire. Mais, en même temps, qu’est-ce qu’on a comme recours? On va attendre que le gouvernement ne bouge pas? Il ne bouge pas. On négocie avec nous-mêmes, au moment où on se parle», s’est exclamé M. Boyer.

Seule la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ) est parvenue à conclure une entente de principe partielle, qui porte sur les conditions de travail, non sur les salaires.

Cette entente de la FIQ, qui doit permettre de créer davantage de postes à temps complet et attrayants, donc de réduire le TSO (heures supplémentaires obligatoires), n’est toutefois pas encore entrée en vigueur, puisque les négociations avec Québec ne sont pas complétées pour elle non plus.

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