Sécurité des piscines résidentielles: l’INSPQ ne veut pas de droits acquis

MONTRÉAL — L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) recommande que le Règlement sur la sécurité des piscines résidentielles s’applique à toutes les piscines du Québec, incluant celles construites ou installées avant son adoption, en 2010.  

Ce règlement vise à prévenir les noyades chez les jeunes enfants en limitant l’accès à la piscine avec des aménagements et dispositifs.     

Le gouvernement du Québec a déjà fait part de son intention d’étendre aux piscines installées avant 2010 l’application du règlement, mais en juillet 2023.   

Dans un mémoire déposé récemment au ministère des Affaires municipales et de l’Habitation, l’INSPQ explique qu’un règlement dont l’application est limitée aux piscines construites ou installées après son adoption a diminué son efficacité. L’INSPQ croit que cela peut en partie expliquer le fait qu’on n’observe pas de diminution significative de noyades en piscines résidentielles chez les enfants de moins de cinq ans depuis 2010.   

Au Québec, entre 2002 et 2019 il y a eu, en moyenne annuelle, de deux à trois décès d’enfants de moins de cinq ans suite à une noyade dans une piscine résidentielle, et huit hospitalisations. Depuis l’adoption du règlement en octobre 2010, ces nombres n’ont pas changé.   

De plus, ce sont les enfants de moins de cinq ans qui ont les taux de décès et d’hospitalisations par 100 000 habitants les plus élevés à la suite d’un incident dans l’eau.   

Les noyades de jeunes enfants dans une piscine résidentielle surviennent généralement en dehors des heures de baignade, généralement parce que l’enfant avait accès à la piscine tandis qu’il était temporairement sans surveillance. Pour l’INSPQ, ces noyades sont évitables par une série de mesures devant être appliquées à toutes les piscines résidentielles, sans droits acquis.  

L’INSPQ recommande une série de mesures, notamment que tous les propriétaires de piscines hors terre soient tenus de respecter une distance minimale de 1 mètre entre la piscine et toute structure ou équipement fixe pouvant être utilisé pour escalader la paroi.   

Pour les piscines existantes entourées d’une clôture à mailles, l’INSQP propose d’exiger l’insertion de lattes verticales dès que les mailles sont de plus de 30 millimètres. Pour les nouvelles piscines, il faudrait bannir les clôtures à mailles ou exiger que les mailles soient de 30 millimètres ou moins.   

La Société de sauvetage du Québec avait l’habitude d’offrir un service gratuit de vérification de la sécurité optimale des piscines résidentielle, mais ce service n’a pas été disponible pour la saison estivale 2020 en raison de la pandémie de COVID-19.

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