Sécurité du public: des grutiers déposent une plainte au Protecteur du citoyen

MONTRÉAL — Des grutiers de la FTQ-Construction, accompagnés d’un représentant d’une entreprise de grues, viennent de déposer une plainte au Protecteur du citoyen, affirmant que des modifications à la formation des grutiers mettent en danger la sécurité du public.

Le directeur de l’Union des opérateurs grutiers, de la FTQ-Construction, Evans Dupuis, a rencontré la presse aux côtés de Karl Trottier, directeur des opérations chez les Grues Mammoet, mercredi, juste après le dépôt de sa plainte auprès du Protecteur du citoyen, à Montréal.

Depuis quelque temps déjà, ceux-ci se plaignent du fait que des modifications au règlement, qui viennent d’être publiées dans la Gazette officielle, vont permettre aux personnes non diplômées d’obtenir un certificat de compétence apprenti pour le métier de grutier autrement qu’en obtenant un Diplôme d’études professionnelles en conduite de grues.

«Ça va à l’encontre de la Loi sur la santé et la sécurité. On juge que le public va être en danger avec le projet de règlement qui a été déposé. C’est le public qui va être en danger, parce qu’on vient diminuer la formation pour les grutiers», a critiqué Evans Dupuis.

Il rapporte qu’il a déjà fait des interventions auprès des autorités compétentes, en vain. «Ils ne nous ont pas vraiment écoutés, le Collectif (des grutiers et entreprises de grues), quand on a fait des doléances.»

Le représentant des employeurs abonde dans le même sens. «Entièrement d’accord. On travaille beaucoup dans la voie publique, avec des citoyens autour de nous. Si on retourne dans les années 1980, il y a eu beaucoup de blessés, beaucoup de morts, suite à des accidents avec des grues. Lorsqu’ils ont amené les cours obligatoires, les tests, il y a eu une diminution énorme. Nous on est favorable à ce que les cours et la formation continuent comme ça», a opiné M. Trottier.

Au contraire: plus strict

La Commission de la construction affirme que bien au contraire, les nouvelles règles seront plus strictes qu’avant.

La CCQ dit vouloir ainsi combler une éventuelle pénurie de main-d’oeuvre. La chef de section aux affaires publiques, Mélanie Malenfant, affirme que l’accès au métier pour des grutiers non diplômés sera ainsi au même niveau qu’il l’est pour les autres métiers.

De même, une formation en entreprise remplacera le cours de perfectionnement appelé Utilisation sécuritaire d’une grue qui était déjà offert aux travailleurs non diplômés. Il couvre plus de matière, intègre des notions pratiques et théoriques, ajoute la CCQ.

Mme Malenfant précise que de plus, les employeurs pourront n’embaucher que des grutiers qui ont un Diplôme d’études professionnelles en conduite de grues s’ils le désirent.

Et elle assure qu’aucun compromis n’a été fait sur la sécurité.

M. Evans doit recevoir un accusé de réception de sa plainte au Protecteur du citoyen, qui fera ensuite enquête.

En 2017, 1330 grutiers ont été actifs dans les chantiers du Québec.

Les modifications doivent entrer en vigueur le 14 mai.