Semaine de relâche: Legault maintient la ligne dure et limite les assouplissements

QUÉBEC — La semaine de relâche ne sera pas propice au relâchement cette année, au Québec.

Malgré une baisse continue ces dernières semaines du nombre de cas d’infections à la COVID-19, l’heure n’est pas encore venue, à l’approche de la semaine de répit scolaire, début mars, d’espérer un déconfinement majeur et une diminution des mesures sanitaires.

Jouant de prudence, le premier ministre François Legault a préféré procéder avec parcimonie, mardi, se limitant à annoncer seulement quelques assouplissements ciblés.

Mais pour l’essentiel, l’ensemble des mesures en vigueur actuellement demeure: le couvre-feu entre 20 h et 5 h le lendemain en zone rouge, l’interdiction des rassemblements intérieurs, le maintien des zones rouges actuelles, sauf en Outaouais, seule région à passer à la couleur orange le 22 février. En zone orange, le couvre-feu demeure à 21 h 30.

La grande majorité des régions du Québec sont situées en zone rouge, regroupant 90 % de la population, incluant Montréal et Québec. En zone rouge, les restaurants vont demeurer fermés. 

Parmi les quelques concessions faites aux citoyens: les cinémas pourront recommencer à fonctionner partout au Québec, à compter du vendredi 26 février. Les mesures sanitaires strictes devront être appliquées. 

Pour ce qui est des rassemblements extérieurs, le nombre de personnes permis passera de quatre à huit, quand il s’agit de personnes n’habitant pas à la même adresse. 

Les sports intérieurs (piscines, arénas) seront réservés à la pratique individuelle, aux familles ou à deux, à compter du 26 février.

Québec cherche à limiter au minimum les rassemblements privés. Contrairement à la concession faite durant le temps des Fêtes, une personne seule ne pourra pas se joindre à une bulle familiale durant le répit scolaire. Une personne seule pourra cependant toujours accueillir ou visiter une autre personne vivant seule.

Les mesures annoncées mardi seront en vigueur au moins jusqu’au 8 mars.

«On s’est dit qu’il fallait être plus prudents que moins prudents, et donc d’attendre avant de trop déconfiner» a résumé le premier ministre, en conférence de presse, en fin de journée mardi, à l’Assemblée nationale.

La perspective d’une explosion possible du nombre de cas reliés à la présence de variants du virus durant la semaine de relâche scolaire a contribué à convaincre le premier ministre à renoncer au déconfinement hâtif.

Dans la région montréalaise, épicentre de la pandémie au Québec, on craint la présence de près d’une centaine de cas de variants (86), qui font présentement l’objet d’une analyse en laboratoire. Au total, 16 cas sont confirmés, la plupart reliés au variant britannique, réputé très contagieux. 

Les allègements annoncés mardi ont été consentis parce que «ce sont des activités à faible risque» de contagion, a observé le directeur national de la santé publique, le Dr Horacio Arruda.

Québec a finalement renoncé à ériger des barrages routiers durant la semaine de relâche, un scénario qui avait été envisagé, notamment pour éviter que de nombreux Ontariens visitent le Québec durant cette période de congé. Cependant, le gouvernement entend accroître la surveillance policière associée au respect du couvre-feu, particulièrement dans les régions plus touristiques. 

Les déplacements interrégionaux demeurent «fortement» déconseillés dans les prochaines semaines, mais ils ne sont pas interdits. 

La location de chalets visant à accueillir des personnes résidant à différentes adresses est cependant formellement interdite.

Même si ce n’est pas prohibé officiellement, il est aussi «fortement recommandé» aux parents de ne pas confier leurs enfants aux grands-parents, plus susceptibles d’attraper le virus et de développer des complications s’ils sont âgés de plus de 65 ans.

«On n’a pas le choix à continuer à faire attention», a insisté le premier ministre, disant comprendre que les Québécois sont «tannés» de la pandémie. 

Les détails des mesures annoncées devraient être précisés dans les prochains jours.

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