Semaine de relâche: les «bulles familiales» devront être respectées

QUÉBEC — À l’approche de la semaine de relâche scolaire, ceux qui espéraient un relâchement des mesures de confinement risquent d’être déçus.

Qu’il s’agisse de l’interdiction décrétée des rassemblements intérieurs, du couvre-feu ou encore des déplacements entre régions et inter-provinciaux, le gouvernement Legault ne paraît pas disposé à lâcher du lest prochainement.

Le premier ministre doit faire le point la semaine prochaine sur un probable resserrement des règles de confinement durant la semaine de répit scolaire.

Chose certaine, il faudra continuer à respecter les «bulles familiales» pour freiner la propagation du virus au Québec, a soutenu le premier ministre François Legault, jeudi matin, en point de presse à l’Assemblée nationale.

«Ce qui va être le plus important durant la semaine de relâche, c’est que les bulles familiales soient respectées», a-t-il dit. Une bulle est constituée des personnes qui habitent sous le même toit.

Il faisait référence, par exemple, à la location de chalets durant cette période, une activité favorisant éventuellement les regroupements familiaux ou entre amis résidant à des adresses différentes.

La surveillance policière de cette règle pourrait bien être accrue pour s’assurer qu’elle sera observée, a-t-il laissé entendre.

Le premier ministre a par ailleurs confirmé que le gouvernement examinait présentement la pertinence d’ériger des barrages policiers durant la semaine de relâche scolaire, pour éviter les déplacements entre les régions et ceux en provenance des provinces voisines, particulièrement ceux de l’Ontario, où on compte de nombreux cas de variants du virus de la COVID-19.

Le Québec pourrait donc interdire aux Ontariens de franchir la frontière québécoise, pendant cette période. Les étudiants, en particulier, aiment profiter du Spring Break pour visiter le Québec.

«C’est quelque chose qu’on regarde», a-t-il confirmé, ne cachant pas son inquiétude d’une propagation des souches de variants de la COVID-19 au Québec, tout en précisant cependant que le respect des «bulles familiales» lui apparaissait «plus important que de mettre des barrages», sur le plan sanitaire.

Plus tard, le ministre de la Santé, Christian Dubé, qui s’est dit lui «très préoccupé» par les variants, a renchéri pour affirmer que «rien» n’était exclu, en termes de mesures à adopter pour freiner leur propagation, incluant l’interdiction faite aux Ontariens de visiter le Québec, sous peine de contravention.

«Rien n’est exclu, en ce moment. C’est tellement important de limiter les déplacements, qu’on va tout regarder», a-t-il assuré. 

La prolongation du couvre-feu en mars fait aussi partie des enjeux évalués par Québec. En principe, il doit être levé le 21 février. Actuellement, en zone rouge, les Québécois doivent observer un couvre-feu de 20 h à 5 h le lendemain matin et en zone orange, de 21 h 30 à 5 h.  

Selon les régions, cette période de répit survient la dernière semaine de février ou la première de mars.

L’impact des variants

Chose certaine, le processus décisionnel gouvernemental tiendra compte de la présence sur le territoire des variants, ont confirmé en après-midi, en conférence de presse, le ministre de la Santé et le directeur national de la santé publique, le Dr Horacio Arruda.

Pour ce qui est du dépistage, l’attention gouvernementale se concentrera dans les prochaines semaines sur la région de Montréal, épicentre de la deuxième vague de la pandémie.

Il y aurait au moins 48 cas potentiels de variants du virus dans la région de Montréal, a calculé le Dr Arruda.

L’accent sera mis sur le criblage et le séquençage, soit l’identification et l’origine des souches de variants «beaucoup plus transmissibles» du virus de la COVID-19, particulièrement à Montréal.

Dès la semaine prochaine, tous les tests positifs provenant de la région de Montréal feront l’objet d’analyses poussées destinées à repérer les cas de variants, a indiqué le ministre Dubé, qui s’est présenté à la conférence de presse arborant deux masques, un masque de procédure recouvert d’un couvre-visage en tissu.

«On n’est jamais trop prudent», a-t-il dit, en s’abstenant cependant d’en faire une recommandation pour la population.

L’opération de vaccination sera elle aussi concentrée à court terme dans la région montréalaise, dans les résidences privées pour aînés (RPA). La semaine prochaine, on espère recevoir 91 000 doses de vaccins. Cette semaine, on en a reçu seulement 15 000. 

Le ministre Dubé a dit souhaiter accélérer le processus de vaccination, dans la mesure du possible.

Une baisse récente du nombre de cas d’infections a entraîné une baisse correspondante du nombre d’hospitalisations quotidiennes reliées au virus, désormais sous la barre des 900 personnes, une bonne nouvelle qui a été saluée par le ministre Dubé.

Cette situation aura un impact positif sur le délestage des chirurgies. Actuellement, le réseau de la santé doit reporter ou annuler 27 % des chirurgies prévues, en raison de la pandémie, soit un gain de quelques points de pourcentage, si on compare aux dernières semaines. Au total, depuis le début de la pandémie, pas moins de 140 000 chirurgies ont dû être reportées à cause de l’hospitalisation des patients COVID.

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